Double casquette (PDG d'EDF et Président du Directoire de Véolia) pour Henri Proglio !
Le voilà qui a lâché sur sa double rémunération. Enfin dirais-je.
Mais ce monsieur cumule 2 fonctions (l'une exécutive, l'autre pas) dans 2 grosses entreprises dont l'une est financée par l'Etat et l'autre totalement privée.
Cela risque en effet certains conflits d'intérêts entre les 2 entreprises.
Comment Henri Proglio en est arrivé là ?
Tout le monde sait qu'Henri Proglio, proche de Chirac, a largement aidé Rachida Dati dans sa progression jusqu'au ministère de la Justice.
Les bruits les plus insistants courent toujours comme quoi il serait le papa de la petite Zora.
Alors juste retour d'ascenseur ? On peut facilement imaginer que l'ancienne Garde des Sceaux a intercédé en faveur d'Henri Proglio pour que celui-ci obtienne la Présidence d'EDF...
Mais financièrement, on touche au scandale.
Le précédent Président d'EDF, Pierre Gadonneix avait vu l'augmentation de son salaire évoluer bien plus vite que cette de ses salariés : Sa rémunération brute (salaire, part variable, avantages en nature) atteignait 1 221 000 euros en 2008, contre 1 055 731 euros en 2007, 807 155 euros en 2006 et 549 660 euros en 2005, soit une augmentation de 122% en trois ans.
Avec les bonus, Proglio touchera 1.221 millions d’euros pour l’année, soit 101.750 euros par mois !
Suffisant vous dites ? Eh bien non, M. Proglio exigea plus encore...
Le gouvernement avait confirmé, mardi 19 janvier, que M. Proglio cumulerait ses deux salaires : celui de patron du groupe public d'électricité, qui s'élève à 1,6 million d'euros par an (dont 600 000 euros s'il remplit les objectifs qui lui ont été fixés), et celui de président non exécutif de Veolia, son ancienne entreprise. Soit 2 millions au total.
La pression populaire lui a fait renoncer aux 450 000 euros de salaire annuel qu'il devait toucher en tant que président du conseil d'administration de Veolia Environnement, le géant de l'environnement qu'il dirigeait avant de rejoindre le groupe public d'électricité.
Heureusement encore !
Mais cela est toujours choquant de savoir que notre gouvernement puisse laissé faire ça.
Il faut que M. Proglio choisisse entre le beurre et l'argent du beurre, entre EDF et Véolia. Ce ne peut être qu'une exigence du peuple.
Et que devient Pierre Gadonneix ? Rassurez vous pour lui, comme tous les anciens PDG d'entreprise publique, il conserve son salaire... Pourquoi les salariés licenciés ne conservent-ils pas le leur ? Y aurait-il dans notre beau pays des gens plus égaux que les autres, des privilégiés qui sont loin de connaître la crise, d'autant plus qu'ils touchent souvent (l'autre scandale) des parachutes dorés lors de leurs départs...
Rassurez-vous aussi, les salaires des patrons virés, c'est vous et moi, les salariés d'EDF et les salariés virés qui les payons sur nos notes d'électricité et sur nos impôts.
Un peu de dignité et de morale dans les moeurs de ces gros dirigeants apporteraient de la fraîcheur, de la justice dans notre société. Qui osera ?

