Des faits divers ont touché
le problème de l'euthanasie. Celle-ci est inconnue dans la loi française et
est, par conséquent, assimilée à un crime. Pourtant, certaines parties du corps
médical l'ont pratiquée en catimini et quelques-uns se sont fait prendre. Ne
faut-il pas déjà reconnaître son existence, même illégale, pour mieux la
combattre ou l'autoriser ? Comment pouvons-nous gérer notre propre mort ? Je
pense que nous, francs-maçons, sommes particulièrement bien placés pour aborder
les problèmes de la mort. En effet, quel est le fort symbolisme qui émane de
notre chaîne d'union sinon un lien avec tous nos frères d'aujourd'hui, d'hier
et de demain. Le passage à l'Orient éternel n'est qu'une étape de la vie, une
ultime initiation. Nous pouvons et devons aborder ce sujet tabou en toute
liberté.
En préambule, je souhaite
tout de suite attirer votre attention quant au mot même d’euthanasie. Si
certains le comprennent comme une mort volontaire et libre d’un patient atteint
d’une maladie incurable et qui souffre atrocement, il n’en est rien. Ce mot est
tiré du grec, eu signifiant bien et thanatos, mort mais peut-il y avoir une
mort heureuse ? Celle-ci fut préconisée, à l’échelon social par Platon,
dans sa République : « Quant aux citoyens qui ne sont pas sains de
corps, on les laissera mourir ».
Le dictionnaire ROBERT
dit: «Usage de procédés permettant de hâter ou de provoquer la mort de
malades incurables pour leur épargner des souffrances extrêmes ou pour motif
d'ordre éthique». Cette théorie fut élaborée par le philosophe anglais Françis
Bacon (1561-1626), qui n'hésita pas à se faire le champion de
l'adoucissement agonique. Il affirma en effet que «c’est la fonction du
médecin de rendre la santé et d’adoucir les peines et les douleurs, non
seulement lorsque cet adoucissement peut conduire à la guérison, mais lorsqu’il
peut servir à procurer une mort calme et facile». , Françis
Bacon prenait alors position dans un débat qui dure encore
aujourd’hui : un homme, profane ou spécialiste, a-t-il le droit d’attenter
à la vie d’autrui même pour une fin louable ? Et si oui, comment définir
cette fin louable ?
Pour ce qui concerne
l’euthanasie, il s'agit bien pour un médecin, une infirmière ou autre, de
donner la mort à une personne sans lui avoir demandé son consentement. Cela
peut être pour «épargner des souffrances extrêmes», ce qui est louable, mais
aussi «pour motif d'ordre éthique»... Cette dernière raison n'est-elle pas la
porte ouverte à n'importe quoi ? Nietsche (1844-1900) réclama
l’euthanasie «pour les parasites de la société, ces malades pour lesquels il
est inconvenant de vivre plus longtemps, qui végètent lâchement, ayant perdu le
sens de l’avenir ». Qu'en serait-il sous des gouvernements
fascistes, nazis ou communistes tels qu'ils ont existé de par le monde dans
notre siècle. N'était-il pas dans le programme des nazis d'euthanasier les
enfants incurables en les livrant à la faim, les juifs, les tziganes et les
francs-maçons en les déportant avant de les exterminer par le travail ou par le
gaz ? N'était-il pas «éthique » pour les conquistadores espagnols
d'«euthanasier» les amérindiens hérétiques ?
Chaque idée totalitaire a
trouvé de bonnes justifications pour assassiner les autres, l'euthanasie est la
porte ouverte à cela et à l'eugénisme. Fort heureusement, tous les pays
démocratiques ont, jusqu’à présent condamné radicalement l’euthanasie.
Forts de ces définitions,
nous pouvons alors estimer que l'euthanasie n'est pas un libre choix de celui
qui est aux portes de la mort. C'est donc, pour moi, une atteinte à la liberté
individuelle de disposer de sa vie, de sa mort. Il me semble logique que l'on
considère l'euthanasie comme un homicide volontaire. Malgré cela, nous avons pu
entendre un secrétaire d'Etat de la République en exercice reconnaître, devant
des millions de téléspectateurs, en avoir pratiqué. Ne devrait-il pas être inculpé,
lui-même, d'homicide puisqu'il a reconnu l'acte ? Ne devrait-il pas, aussi,
passer devant le Conseil de l'Ordre des Médecins ? Est-il au-dessus des lois de
la République alors que sa fonction est de les faire appliquer scrupuleusement
?
Nous connaissons tous une
infirmière qui, face à un patient aux portes de la mort et qui râle, décide,
une nuit, de le faire dormir à plat, sans oreiller. Elle sait que, par cette
position, le patient s'étouffera dans son sommeil et qu'il ne se réveillera
pas. Euthanasie ou arrêt des soins ? Le médecin aveyronnais ayant pratiqué une
euthanasie en injectant du chlorure de potassium à une nonagénaire hémiplégique
sans qu’elle en ait émis le souhait, fut relaxé par l'ordre régional des
médecins alors que ce cas relève de l’euthanasie. Cela signifie que ce dernier
se pose en hors-la-loi. Le Procureur de la République de Millau a refusé de
poursuivre le médecin en justice. La société peut-elle accepter que certains de
ses citoyens puissent donner la mort en leur âme et conscience en toute
impunité ? Ces décisions ne risquent-elles pas de faire jurisprudence et de
légitimer l'euthanasie ? Par conséquent, où irait notre société si elle
reconnaissait l'euthanasie de fait ? L'ordre des médecins n'est-il pas allé
déjà trop loin ? Je trouve anormal que ce médecin soit relaxé alors que
l'infirmière de Mantes, accusée d’avoir injecté la mort pour «soulager ses
patients », est privée définitivement du droit à exercer son métier et
qu'elle a été condamnée pour crime puisque elle a été reconnue comme ayant
pratiqué des euthanasies. Alors, y-aurait-il deux poids deux mesures selon son
échelle sociale ?
Que dit, aujourd'hui, le code de déontologie médicale publié en 1995 et qui doit être suivi par tout praticien ?
«En toute circonstance,
le médecin doit s'efforcer de soulager les souffrances de son malade,
l'assister moralement et éviter toute obstination déraisonnable dans les
investigations ou la thérapeutique. Le médecin doit accompagner le mourant
jusqu'à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriées la
qualité d'une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et
réconforter son entourage. Il n'a pas le droit de provoquer délibérément
la mort».
Il est très clair que ce
code condamne l'euthanasie, comme acte qui provoque délibérément la mort. Il
laisse aux médecins leur appréciation face à l'acharnement thérapeutique en
encourageant l'arrêt des soins. Mais il reste muet quant au suicide
médicalement assisté. C'est ici que se situe la vraie question d’un patient
face à sa propre mort, sauf pour les enfants. Nous savons tous que bien que le
Conseil de l’ordre et le comité d’éthique s’opposent à la mort assistée,
celle-ci reste une pratique médicale opérée de manière très opaque.
Aujourd'hui, 79% de
français sont favorables à ce qu'on «les aide à mourir s'ils étaient
atteints d'une maladie incurable et en proie à des souffrances extrêmes »
alors que 12% sont contre. C'est bien de suicide médicalement assisté dont il
s'agit ici car les Français veulent disposer de leur mort et non pas
d'euthanasie où le corps médical disposerait de leur vie et de leur mort
sans leur consentement.
Mais avant de parler de
suicide accompagné ou d'acharnement thérapeutique, il convient de développer
les soins palliatifs en hôpital ou à domicile pour accompagner les malades en
fin de vie, dignement. Si le corps médical parvenait à éliminer les
souffrances, jusqu'à aller à la cure de sommeil pour les derniers instants, le
débat que nous menons ce soir serait radicalement différent.
En effet, il est beaucoup
moins question d’euthanasie lorsque les équipes de soins palliatifs sont en
état d’entourer le patient. Ces soins sont prodigués par des équipes médicales
compétentes et complètes avec médecins, psychologues, infirmiers, volontaires
formés à des techniques, mais aussi à des «religieux» quand ils sont souhaités
par le patient. On n’y laisse jamais un patient souffrir, on l’apaise. On lui
parle, l’écoute ainsi qu’à sa famille. C’est beau et difficile d’accompagner
les patients pendant cette période de la vie. On témoigne ainsi que la fin de
vie peut être digne et sereine.
Alors pourquoi la France
est-elle tellement en retard dans le développement des soins palliatifs par
rapport aux anglo-saxons ? Est-ce encore dû à notre différence de
culture ? Ce n’est que 20 ans après l’Angleterre, en 1987, que la France a
vu s’ouvrir sa première unité de soins palliatifs alors que, dans le même
temps, la proportion de personnes qui meurent chez elles est passée de 70 à
30%. Aujourd’hui on ne compte qu’une cinquantaine d’unités spécialisées. Il
reste encore beaucoup à faire. Quant à la douleur, elle pourrait, avec des
doses adaptées, être correctement prise en charge dans 80 à 90% des cas.
Pour moi, la mort
volontaire médicalement assistée est réellement différente de l’euthanasie car
elle s'apparente au suicide. Je pense que chacun à droit à disposer de sa
propre vie et de décider de sa propre mort. Même si le suicide n'est pas, à mon
avis, la meilleure solution, ce peut être parfois la moins pire. Aussi, si un
malade gravement atteint souhaite mourir, il me semble humain de l'aider à
soulager ses douleurs. Encore faut-il qu'il en fasse la demande expresse en
toute conscience et qu'il soit incurable. Mais tout malade ne peut pas exprimer
sa demande. Ne pourrions nous pas exprimer notre souhait face à ce problème
quand nous sommes sains de corps et d'esprit ?
Nous pourrions faire
connaître notre choix sur un fichier, comme pour les dons d'organes ou de
laisser des consignes strictes à notre médecin référent, en laissant l'entière
liberté à chacun de changer d'avis par le biais de la future carte à puce
médicale.
Que dire de cet espagnol qui avait une tête avec un corps inerte, qui a demandé pendant 29 ans à ce qu'on l'aide à se suicider. Finalement ce sont une douzaine de personne qui lui procurèrent chacun une partie du poison mortel qu'il avala volontairement devant une caméra après avoir expliqué son geste. Acte de courage pour certains, de lâcheté pour d'autre mais de toute évidence le geste d’un homme libre et indépendant.
Mais pour ce suicide médicalement assisté, il nécessiterait de légiférer car il est aussi criminel, aujourd'hui, d'aider une personne à se suicider que de tuer.
C'est ici aussi que nous
touchons un autre problème. A quel moment passe-t-on de l'état d'être à l'état de probable non-être où l'on peut
être aidé à mourir ? Cette question s'est déjà posée en 1975 à l'opposé de
notre vie, lors du débat sur la loi Veil, à propos de
l'avortement. Les scientifiques et les élus ont décidé que l'embryon passait de
l'état de non être à l'état de possible être humain à 13 semaines. Dans le cas
d'une fin de vie, la décision est plus délicate. Est-ce le corps ou l'esprit
qui détermine la frontière entre la vie et la mort ? Je pense pour ma part que
c’est beaucoup plus l’esprit que le corps qui détermine cette frontière. Mais
sachons qu’il n’en est rien pour l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine.
Prenons le cas du
professeur Paul Milliez qui, avant une opération, avait
déclaré à ses étudiants, vouloir être « euthanasié » au cas où il
tomberait dans le coma (alors qu’il s’agissait là d’un suicide médicalement
assisté ou d’un arrêt des soins. Il sombra et ses étudiants ne lui obéirent
pas. Plus tard, il les remercia de cette désobéissance car il put revenir à une
vie normale. Il faut donc faire très attention et avoir un cadre précis pour
pratiquer l'acte d'aider médicalement un suicide.
Que ferons-nous des malades
du sida ? De certains Cancers ?
Mes deux grands-mères ont
eu un cancer. L'une d'elle est tombée un matin dans le coma et l'infirmière dit
à la famille de nous préparer au pire, d'apporter ses affaires. Heureusement,
elle survécut et elle va bien aujourd'hui. L'autre fut hospitalisée pour un
cancer du pancréas. Elle souffrit le martyre 3 mois durant malgré les doses
maximales de cortisone qui lui était injectées. Ne méritait-elle pas de mourir,
certes plus tôt, mais dignement et sans trop souffrir ?
La décision d'aide médicale
à un suicide pourrait être prise par l'ensemble de l'équipe médicale d'une
façon unanime qui déciderait de l'incurabilité du malade et de l'intensité des
souffrances qu'il ressent. Si le malade est incurable et que les soins
palliatifs ne suffisent plus à le soulager, alors, ce conseil médical pourrait
décider d'aider le malade à passer de vie à trépas si et seulement si, celui-ci
l'a demandé. C’est cela, le suicide médicalement assisté.
En ce qui concerne
l'acharnement thérapeutique, il me semble inhumain d'être obligé aujourd'hui de
subir cet acharnement des médecins. Mais ceux-ci sont emprisonnés encore par le
vieux serment d'Hypocrate qui exige de maintenir en vie coûte que coûte. La
technique médicale a évoluée. Avons-nous le droit de maintenir artificiellement
en vie des personnes qui ne sont plus que des plantes, dont l'EEG est plat et
dont il est certain qu'elles ne pourront jamais retrouver une quelconque vie
active?
Pouvons-nous réanimer des
gens dont le cerveau a cessé trop longtemps d'être irrigué et dont les médecins
savent pertinemment que leur cerveau ne refonctionnera plus, qu'ils resteront
inertes, inexpressifs, comme des plantes ? Mais là aussi se pose un problème
médical : et quand on ne sait pas, quoi faire ?
J'ai connu deux femmes dont
le parcours parait identique jusqu'à un certain point mais où l'on pourra
constater une variation de la fin tragique de leur histoire. En 1964, une
d'elle fit à la naissance de sa fille une crise d'éclampsie. L'enfant ne
survécut pas. 15 ans plus tard, la soeur de cette femme eue le même parcours
mais la médecine ayant fait des progrès, on tenta le tout pour le tout et
l'enfant fut réanimé. Depuis, cet enfant a grandi avec un physique d'apparence
humaine mais il est dépourvu de tout sens. Est-ce un progrès ? La médecine
n'a-t-elle pas joué le rôle de l'apprenti sorcier ? Ne valait-il pas mieux la
douleur de la perte d'un enfant que de voir son enfant ainsi dégradé ?
La déontologie médicale a
pourtant, il me semble, fait évoluer la pratique médicale conformément à
l'évolution scientifique. Les médecins ne doivent plus pouvoir faire n'importe
quoi pour maintenir un corps sans âme.
Ici se pose un réel
problème d'ordre éthique, et même de l’ordre de la foi. Pour les hommes libres,
la vie leur appartient et ils se sentent le droit de décider librement de leur
mort. Pour les catholiques, la vie appartient à Dieu et seul, ce dernier, a le
droit de la reprendre. Mais alors, où se situe l'acharnement thérapeutique ?
Dans la volonté de Dieu ou dans la volonté des médecins à l'encontre de Dieu ?
Je pense que chacun, selon sa propre croyance, a le droit de faire valoir ses
choix face à sa propre mort.
Le
problème est complexe et touche notre éthique profonde. Le plus simple serait
de légiférer en laissant la liberté de choix à chacun, la possibilité d'être
assisté dans sa démarche. Mais pas de pouvoir tuer impunément ni de pouvoir
maintenir artificiellement en vie sous quelque prétexte que ce soit sans le
consentement de la personne concernée. Notre frère et sénateur Caillavet a
remarquablement travaillé dans ce sens en fondant une association «Mourir
dans la dignité » entre autres. Il a lui-même aidé son père, avec
son frère, à passer à l’Orient Eternel dans la dignité, presque
clandestinement. Je pense qu’il faut bannir cette clandestinité en faisant des
textes de loi clairs qui permettent certaines choses et pas d’autres.
Très peu de pays ont déjà
légiféré sur la fin de vie. Les cas des Pays-Bas ou de la Belgique me semblent
intéressants. Ces pays condamnent l'euthanasie clairement. En revanche le
suicide médicalement assisté y est autorisé sous certaines conditions :
1)
Recueillir de manière répétée et durable la volonté de mourir du patient.
2)
N'agir qu'en cas de maladie grave et de souffrances insupportables.
3)
Prendre l'avis d'un confrère avant d'agir.
4)
Déclarer l'intervention aux autorités.
Malheureusement, 40% de ces
actes ne sont pas déclarés aux autorités. Cela ne cache-t-il pas autre chose ?
Peut-être des débordements où toutes les autres conditions ne sont pas remplies
ce qui reviendrait alors à une euthanasie camoufflée et interdite ? Néanmoins,
ne pourrions-nous pas prendre exemple sur nos voisins pour légiférer et
améliorer leur système ? En diminuant les risques en faisant appel à toute une
équipe médicale et en ôtant la responsabilité de ce geste à un seul (voir 2) médecin.
Mais si nous considérons
que nous pouvons maîtriser notre propre vie et pas celle d'autrui, qu'en est-il
pour les enfants ? Ceux-ci n'ont pas encore de statut civil. Certains ont une
certaine conscience, dépendant de leur âge. Néanmoins, leurs parents ont-ils le
droit de disposer de leur vie dans des cas extrêmes ? Que l'on condamne
l'euthanasie et l'acharnement thérapeutique, les enfants peuvent-ils eux-mêmes
disposer de leur corps et décider d'un suicide médicalement assisté ?
Je crois d’abord que le
terme d’euthanasie est particulièrement mal choisi pour parler de mort heureuse
ou choisie. Nous l’avons vu, il ne s’agit pas de cela. Les médecins, comme
aucun autre humain, n’ont pas le droit de disposer de notre corps. Il leur est
autant interdit de nous maintenir en vie artificiellement que de nous empêcher
de nous suicider, dans les conditions extrêmes de souffrances et avec la
supervision d’une équipe médicale, contre notre volonté (même quand on est dans
l’impossibilité physique de la satisfaire).
Cette
question est restée tabou trop longtemps. A mon avis, ce respect de la liberté
d'autrui passe d'abord par respecter en toute circonstance la vie d'autrui en
interdisant clairement l'euthanasie, qui est, je le répète, la porte ouverte à
l’eugénisme. Mais aussi en développant les soins palliatifs de fin de vie et en
arrêtant l'acharnement thérapeutique. Liberté suprême, laisser la possibilité à
chacun de disposer de son corps, de sa vie en se faisant aider par le corps
médical si besoin est ou de s'en remettre à Dieu.
Les rapports
médecin/patient sont basés sur la confiance du patient en son médecin. Si
l'euthanasie était légalisée, comment un patient pourrait avoir confiance en
son médecin si celui-ci pouvait lui apporter la mort sans son consentement et
se transformer ainsi en son bourreau ? Si l'on continue l'acharnement
thérapeutique et que l'on ne protège pas les médecins pour qu'ils puissent
aider certaines personnes incurables, qui l'ont décidé, à se suicider, comment
un patient peut-il avoir confiance en son médecin, s'il est convaincu que
celui-ci n'exécutera pas ses dernières volontés ?
Je crois qu’il faut que
notre société prenne des positions claires et précises :
-
Inscrire noir sur blanc dans le code civil une condamnation
ferme de l’euthanasie qui est la porte ouverte à l’eugénisme ce qui est
insupportable.
-
N’avoir de cesse de développer les soins palliatifs.
-
Protéger les équipes médicales qui pratiquent l’arrêt
des soins.
-
Protéger celles aussi qui pratiqueraient le suicide
médicalement assisté dans un cadre très précis, à savoir : . La
décision ce cet acte pourrait être pris par l'ensemble de l'équipe médicale
(médecin, infirmières, psychologue,...)d'une façon unanime qui déciderait de
l'incurabilité du malade et de l'intensité des souffrances qu'il ressent. Si
le malade est incurable et que les soins palliatifs ne suffisent plus à le
soulager, alors, ce conseil médical pourrait décider d'aider le malade à passer
de vie à trépas si celui-ci l'a demandé alors qu’il était sain d’esprit. Il
me semble aussi indispensable que les autorités soient systématiquement
informées de tout acte de ce type.
-
Lancer une vaste campagne (telle les dons d’organes) afin
que chacun prenne une position dans une sorte de testament médical qui
puisse être changé à tout moment.chez son médecin, son pharmacien.
-
Développer cette prise de position lors du rendez-vous
citoyen mais que celle-ci reste modifiable toute sa vie.
Face à ces questions
concernant nos droits, mais surtout aussi face à ceux de nos enfants, face à la
mort, je me sens vraiment très petit. Nous devons trouver une voie juste eface à un tel problème de société.

