Je me souviens d'un candidat à l'élection Présidentielle qui, arrogant, avait toisé son adversaire qui posait légitimement le problème de la pérennité des retraites, en lui disant que, grâce à la réforme Fillon de 2003, la sauvegarde de nos retraites par répartition ne se poserait plus avant 2023. Il avait évacué le problème des retraites d'un revers de la main.
Ce n'est pas si vieux, cela date de 2007. Ce candidat, c'était M. Sarkozy. Aujourd'hui élu, c'est le même Sarkozy qui nous impose de revenir sur les retraites et la loi Fillon de 2003 qui avait tout résolu selon ses dires. On nous aurait menti ? Comment le croire une fois de plus ?
Quelles sont ses solutions ? Allonger la durée de cotisations, prolonger l'âge légal de la retraite ?
Mais ces solutions ont été testées sans succès et le problème, à mon sens ne se pose pas là.
1) L'âge légal de la retraite :
N'en déplaise à certains, l'âge légal de la retraite en France est fixé aujourd'hui à 65 ans. Les salariés ont la possibilité de la prendre à partir de 60 ans, mais un employeur ne peut pas mettre un salarié en retraite d'office avant cet âge légal de 65 ans, ce qui est différent.
Constatons-nous une employabilité importante chez les salariés entre 60 et 65 ans ? Non ! On est même considéré comme vieux dans une entreprise dès 50 ans et l'accessibilité à l'emploi devient de plus en plus difficile à mesure qu'on approche de la cinquantaine, pour ne pas dire impossible une fois cet âge atteint. Alors avant de prolonger l'âge légal de la retraite ou même celui de la possibilité de prendre celle-ci, il serait bien plus judicieux d'améliorer par le dialogue social avec les entreprises, l'employabilité des "séniors" jusqu'à leur retraite. Ces travailleurs peuvent beaucoup apporter aux plus jeunes par leurs expériences et leurs connaissances, c'est une richesse pour une entreprise.
2) Allonger la durée de cotisation :
Cela a déjà été fait, de 37,5 à 39,5 puis 40 annuités, sans aucun succès. Une fois de plus, le problèmes est ailleurs. Quand on commencé à travailler à 16 ans et qu'on a fait un métier difficile et quand on commencé à travailler à 26 ans dans un bureau, on n'est pas dans les mêmes conditions.
Le premier aura atteint sa durée de cotisation à 56 ans, l'autre à 66. Mais le premier sera obligé d'attendre 60 ans pour partir en retraite et verra sa durée de cotisation prolongée de 4 ans. Il percevra d'ailleurs souvent une petite retraite. Le second lui, devra attendre 66 ans pour avoir son nombre d'annuités requis (à moins qu'il ait pu racheté des points) et bénéficiera souvent d'une bien meilleure retraite. Une différence de 4 ans de travail, sans doute pas dans les mêmes conditions ni avec la même espérance de vie. Alors tout cela est-il juste ? Pas pour moi.
Nous devons prendre en compte la pénibilité du travail et l'espérance de vie restante du retraité pour moduler, par secteur d'activité et par activité salarié la durée de cotisation.
3) Il faut inventer un autre système :
Si nous voulons sauvegarder notre système par répartition en France, il nous faut être inventif, et trouver un autre moyen de financement.
J'ai évoqué certaines pistes ci-dessus mais vu l'évolution de notre société, avec une employabilité maximale entre 30 et 50 ans, une augmentation du taux de chômage (et donc une perte de cotisations) et une augmentation de la durée de la vie (donc une dépense plus importante puisque plus longue), tous ces leviers ne seront que des rustines qui dureront plus ou moins longtemps.
Pourquoi ne pas taxer les licenciements ? Pourquoi ne pas élargir l'assiette en taxant les dividendes ? Pourquoi ne pas rétablir la vignette auto (qui devait financer les retraites initialement, ce qui n'a jamais été fait ? Pourquoi chaque mouvement boursier ne serait-il pas taxer de 1 € ? Pourquoi ne pas taxer les revenus financiers ? Pourquoi ne pas améliorer l'accessibilité au travail pour les jeunes et les seniors ? Pourquoi ne pas taxer les traders et les très hauts revenus qui choquent tous les Français ? Pourquoi ne pas abandonner le bouclier fiscal qui protège les plus riches ? Pourquoi les finances publiques ne seraient pas plus à l'écoute du peuple que des banques qui les a sauvé sans contrepartie ? Les retraites sont une question de solidarité nationale et il y a maintes pistes à explorer.
Des solutions existent. Encore faut-il en avoir la volonté politique. Une politique faite de justice, de solidarité, de fraternité ; des idéaux qui devraient présider à tout homme politique dirigeant notre pays.

