En premier lieu, il convient de pleurer nos morts et de rendre hommage aux météorologistes qui avaient parfaitement prévu le phénomène Xinthia.
En revanche, force est de constater que peu de choses ont été anticipées alors que Xinthia n'est ni la première tempête (pensons à 1999, à Klaus l'an dernier), ni la dernière et que des phénomènes exceptionnels comme Xinthia sont déjà apparus et qu'il réapparaitront inévitablement.
Xinthia a bénéficié de conjonctions de plusieurs phénomènes météorologiques connus :
1) Une grosse dépression avec de forts vents et de fortes pluies.
2) La pleine Lune avec de fortes marées d'équinoxe.
Mais les ravages causés ont été largement amplifiés par de gros problèmes d'urbanisme :
1) Des digues pour conquérir de nouvelles terres sèches peu entretenues et fragilisées.
2) Des constructions de maisons dans des zones inondables sous le niveau de la mer (et on sait à quel point l'eau reprend sa place naturelle dès lors que nous rencontrons une catastrophe naturelle).
3) L'arrêt de l'entretien des rivières et des fleuves qui empêche le bon écoulement des eaux en cas de fortes pluies sans oublier l'agriculture qui, en abattant les haies, favorise le ruissellement des eux sans que les sols la ralentissent par son absorption.
4) La non-évacuation des habitants se trouvant dans des zones inondables qui sont morts noyés, à 5 h du matin.
Les Hollandais ont connu les mêmes phénomènes en 1953 avec les mêmes conséquences.
La France a connue exactement le même genre de tempête avec les mêmes conséquences en... 1924. Les mêmes causes ont les mêmes effets.
Il est temps de prendre les mesures appropriées pour pouvoir faire face à des phénomènes exceptionnels de ce type qui réapparaîtront inévitablement. Et il y a des mesures simples, de bon sens et de prudence, à prendre :
1) Entretenir les digues.
2) Ne pas autoriser la construction de maisons en zones inondables.
3) Implanter des haies dans nos champs.
4) Entretenir nos fleuves et nos rivières régulièrement.
5) L'évacuation des habitants des zones à risques en cas d'alerte.
Il faut aussi constater qu'à chaque catastrophe, on réclame l'enterrement des lignes électriques et téléphoniques car la chute d'arbres engendre inévitablement la coupure des réseaux électrique et téléphonique en plusieurs endroits. Et que fait-on ? On reconstruit ces lignes de la même façon... Alors prenons les mesures pour enterrer ces lignes !
De telles catastrophes qui ont toujours existé de manière exceptionnelles et qui reviendront inévitablement ne doivent plus avoir de telles conséquences. Mais cela dépend de la volonté politique de nos élus.
Actualisation :
En ce début avril, le gouvernement vient de figer une carte avec des zones d'inondabilité.
Cette carte et son découpage est grotesque. Il y aurait ainsi des maisons qui ont été inondées et qui n'auront pas obligation d'être détruites et d'autres, et même des villages entiers qui ont été peu ou pas touchés qui devront être rayés de la carte.
Tout cela a été fait à la va-vite, sans concertation avec les élus locaux.
Une fois de plus, le pouvoir régalien de la République prouve que la France est encore trop Jacobine.
Et puis, il y a un principe très important dans nos lois républicaines : la non-rétroactivité de celles-ci.
En admettant qu'on impose une loi de non-construction dans certaines zones géographiques, de quels droits pourrait-on imposer la destruction de maisons qui ont eut l'autorisation de se construire.
Les habitants, victimes des inondations, doivent avoir le choix de demeurer dans leur habitation ou d'accepter une indemnisation pour en acheter une autre plus loin. Mais cela serait les soumettre à une future inondation du même type, même si elle est rarissime.
Alors la seule solution est de faire comme nos amis Hollandais qui maîtrisent parfaitement les polders depuis de nombreuses années par l'édification de digues solides (qui prévoient toujours une marge suffisante par rapport à la vague la plus haute : ainsi il est prévu une augmentation de la hauteur de la plus haute vague de 60 cm d'ici à 2100 ; les Hollandais prévoient déjà d'augmenter leurs digues de 1 m) et de canaux de "délestage" au cas où une digue céderait. Mais cela nécessite une politique volontariste et de vrais investissements pour la sécurité de nos concitoyens (sécurité qui, je le rappelle est un des principaux de la déclaration des droits de l'homme qui est en préambule de notre Constitution.

