Grasse est une commune française Provençale, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Sous-préfecture des Alpes-Maritimes, Grasse est la quatrième ville du département en termes de population. Les habitants s'appellent les Grassois.
La ville est considérée comme la capitale mondiale du parfum. Elle a obtenu deux fleurs au Concours des villes et villages fleuris et a été promue « Ville d'Art et d'Histoire ». Elle est également « Ville Internet ».
Toponymie :
L'origine du nom de la ville n'est pas formellement identifiée, mais dérive peut-être de Podium Grassum qui signifie en latin Grand Puy, du nom de la colline sur laquelle est installé depuis l'origine le cœur de la ville. Avec l'usage, la dénomination latine se serait simplifiée et aurait finalement donné le nom actuel : Grasse (Grasso en occitan provençal). Ce nom apparait pour la première fois dans les textes au XIe siècle.
Géographie - Situation - Localisation et Physionomie :
Grasse est une ville majeure du moyen-pays de la Côte d'Azur située dans l'ouest du département des Alpes-Maritimes à 12 km au nord de Cannes sur la côte méditerranéenne. Sa distance à vol d'oiseau avec la préfecture, Nice, est de 29 km pour un cap de 79°, et avec la capitale nationale, Paris, est de 677 kilomètres pour un cap de 330°. Sa superficie est de 4 444 hectares (44,44 km²) constitués d'importantes réserves forestières. La commune de Grasse s'étale sur une vaste superficie et un grand écart d'altitude : de moins de 100 à plus de 1000 mètres avec une altitude moyenne de 333 m.
L'habitat ancien (du XVIIe siècle au XVIIIe siècle) surtout concentré au centre ville sous la forme d'immeubles de hauteur limitée dans des ruelles étroites et sombres cohabite avec des villas et hôtels particuliers du XIXe siècle, souvenirs des premiers touristes de la ville, et des maisons modernes, signes de l'expansion démographique principalement dans les hameaux autour du centre.
Aux emplacements des anciennes cultures d'oliviers et de fleurs l'habitat se disperse. La commune compte d'importantes zones forestières (un quart du territoire est classé réserve naturelle communale).
On note des routes secondaires étroites et vers le centre-ville (zone en forte pente) des « traverses » - escaliers et chemins permettant un passage à pied entre rues horizontales. Au total, Grasse contient 200 km de voirie communale.
Climat :
Grasse bénéficie d'un climat méditerranéen qui lui procure des températures exceptionnellement douces, comme en témoigne son image de lieu de villégiature et de repos. Les étés sont réputés pour être chauds, dépassant presque toujours les 25 °C mais rarement les 30 °C, comme dans le reste du département.
Les hivers sont plutôt doux et secs, régulièrement agrémentés de neige au-dessus de 500 m, particulièrement dans la zone du bois de la Marbrière, au nord de la ville ; en revanche, l'enneigement total de la ville n'est pas systématique et se produit environ tous les deux ou trois hivers, et ce, sur une très courte période, le plus souvent aux alentours du mois de février.
En mi-saison, des précipitations apparaissent régulièrement et de façon violente et abondante, ce qui cause de sérieux problèmes d'écoulement des eaux pluviales dans les rues de la vieille-ville, aux infrastructures parfois anciennes et mal adaptées à ces phénomènes météorologiques, ainsi que dans les cours d'eau de la commune (comme le Grand Vallon ou le canal de la Siagne). De fait, en 1994, 1996 et 2002, la commune a été gravement affectée par les inondations[12] : selon le Syndicat Intercommunal de la Siagne et Affluents (SISA), elle comporte 40 hectares de zones inondables dans le hameau du Plan de Grasse. D'importants travaux y ont été réalisés pour limiter le risque de crue.
Histoire de Grasse :
Néolithique : premières traces d'habitations :
Les premières traces d’existence humaine dans le pays de Grasse datent du Néolithique. Des archéologues grassois du XIXe siècle tels que Paul Goby, Marcellin Chiris, Adrien Ghébart ou Casimir Bottin ont décrit et étudié les vestiges d’une activité humaine remarquable : dolmens, dolmens à couloir, tombes à chambre carrée, tumuli, « bories »… mettent en évidence l’existence d’une population plus importante qu’ailleurs. Plus étrange, ils y découvrent de grosses enceintes faites d’énormes blocs dont l’utilité reste mystérieuse et qu’ils appellent « Castellaras ».
Antiquité :
Durant l'Antiquité, la Provence a vu de nombreuses populations la parcourir et parfois s’y installer comme les Ligures ou encore les Grecs. Mais ceux qui se sont le plus fixés à Grasse sont sans doute les Romains.
Outre les nombreux vestiges présents dans le Pays de Grasse, certains érudits locaux ont affirmé la présence d'un « poste romain » à l'emplacement du village. Celui-ci ne semble pourtant avéré par aucune source fiable ni aucune découverte archéologique. On peut au mieux évoquer la présence de quelques céramiques de l'antiquité tardive (Ve-VIIe s.) découvertes lors de travaux autour de la cathédrale qui indiquent une occupation dont la nature n'est pas définie de l'actuelle vielle-ville durant cette période. Une tradition locale raconte qu'un temple dédié à Jupiter se serait élevé à la place de l’actuelle chapelle de Saint-Sauveur ou de Saint-Hilaire. On reconnait là un topos de la littérature ecclésiastique médiévale.
Les envahisseurs barbares n’eurent pas de difficulté à envahir la Provence orientale qui tomba aux mains successivement du patrice Stilicon (416), des Burgondes (443), des Ostrogoths (493), des Francs (534), puis des Lombards (817).
Moyen Âge :
En 875, la Provence se rattache au Royaume de France et Boson, nouveau roi, lui fait signer acte d’allégeance le 15 octobre 879. Grasse refuse de le signer et se détache donc de la Provence. Elle se rattache alors au Royaume de Lombardie sous le règne de Charles II le Gras en 879, puis au Royaume de Bourgogne Jurane sous Rodolphe II, au Royaume d’Arles sous Rodolphe III. Dévastées par les Arabes, Grasse et sa région sont reconquises par les princes d’Arles qui donnent la Ville au Chevalier Rodoard qui avait aidé à cette libération. Rodoard est le fondateur de la maison de Grasse. Les Seigneurs de Grasse mirent en place un régime féodal qui fut contesté par les grassois et qu’ils rejetèrent avec l’aide de Monseigneur Mainfroy de Garibaldi. Ainsi, dès 1138, le comte Raymond de Grasse n’a plus d’autorité sur la ville, mais seulement sur ses possessions antiboises.
Nouvellement libre, alors que partout ailleurs, se tiennent encore des régimes féodaux, le peuple grassois abolit le servage. Une aristocratie se forme et prend le pouvoir, sous forme de consuls élus pour un an au nombre de quatre. Ils représentaient la ville auprès des autres républiques, des seigneurs, des villes voisines, de l’évêque, ils possèdent le pouvoir judiciaire, bien qu’assistés par des « judex consulum », ils organisent la défense de la ville, fixent les impôts et nomment les fonctionnaires de la ville.
En 1171, le Consulat signe un traité politique et commercial avec Gênes d’une durée de 29 ans et qui fut le premier d’une longue série qui dura près de trois siècles. En 1179, c’est avec Pise que Grasse signe un traité pour 26 ans. La ville aime commercer avec des villes indépendantes comme Gênes en exportant ou important toiles, cuirs, blé, peaux brutes, peaux tannées, vin et bétail. Sa nouvelle liberté fait fleurir le commerce avec les villes voisines qui cherchaient à conclure des alliances avec les Consuls. Ainsi, en 1207, les comtes de Castellane offrirent à Grasse un droit de passage et de pâturage sur leurs terres. En 1212, c’est au tour du Seigneur de Séranon de conclure les mêmes accords.
Les évêques d’Antibes s’installent à Grasse et le Pape Innocent IV transporte officiellement le siège épiscopal d’Antibes à Grasse le 19 juillet 1244. Le nouvel évêché grassois couvre les communes d'Antibes, Cannes, Biot, Valbonne, Roquefort, Le Rouret, Bar-sur-Loup, Gourdon, Caussols, Saint-Vallier et Saint-Cézaire-sur-Siagne. Mais cette importance grandissante attire l’attention du Comte de Provence Raimond Bérenger qui attaque la ville. Et malgré une défense héroïque menée par le Chevalier Hugues Sicard de Tourettes, Grasse est vaincue en 1220 et rattachée au Comté de Provence.
Le Comte de Provence prend possession des deux tours du Puy et de la Foux le 24 juillet 1227. Il maintint les consuls, mais nomme un juge et un bayle et instaure de nouveaux impôts : l’albergue, le droit de ban, les chevauchées (ou cavalcades), l’aide aux quatre cas et la gabelle du sel.
Sicard, le bayle nommé à Grasse pour rendre la justice au nom du Comte fit de Grasse un chef-lieu de baylie. En 1250, Grasse devint également chef-lieu de Viguerie. Le viguier rendait, lui, la justice au nom du Roi, mais possédait aussi un rôle administratif immense et le Conseil municipal mit du temps à imposer son autorité face à un tel personnage, premier fonctionnaire de la Ville. Hiérarchiquement, sous le viguier, une organisation administrative importante se met en place avec des sous-viguiers ou lieutenants de viguerie, des juges, des clavaires, des regardeurs… La Viguerie de Grasse comprend alors Briançonnet, La Motte, Saint-Vallier, Auribeau, Le Rouret, La Garde, Mouans, Escragnolles, Avignonnet, Saint-Cézaire, Le Bar, Gourdon, La Roquette, Mougins, Biot, Cannes, Roquefort, Châteauneuf, Opio, Caussols, Clermont (au XIXe siècle, en 1822, par décision royale, la commune du Clermont est rattachée à Châteauneuf) , Sartoux, Cabris, Saint-Panduce, Cipières, Canneaux, Touron, Pégomas, Magagnosc, Antibes, Auria, Olive, Garbies, Valettes, Calian, La Malle, Thorenc, Andon, Arlucques et Revert. Au travers de cette viguerie, on voit déjà se dessiner le Pays de Grasse.
Grasse obtient des privilèges du Comte de Provence, puis des Rois et Reines de France : liberté de commerce, liberté de l’héritage, droit d’affouage et de pâturage dans les lieux voisins, baisses et exemptions d’impôts, liberté de culture et d’élevage, droit de posséder une cloche, indulgences judiciaire, charité aux pauvres de Grasse. La famille royale fut ainsi reconnaissance de la fidélité de Grasse à sa cause jusqu’à Louis XIV qui respecta moins ces franchises. L’artisanat de la tannerie est la principale activité économique et commerciale.
Le XIVe siècle est celui des religieux qui construisent de nouveaux couvents et agrandissent les remparts pour les protéger. Derrière ces nouvelles fortifications, on crée de nouvelles maisons, autour de la place aux Aires. La population s’accroît. En 1321, Grasse compte 6 000 habitants.
Le XVe siècle est le théâtre de nombreux malheurs. Pour protéger la Provence des troupes meurtrières du roi Alphonse d’Anjou, les Grassois se battent et s’affaiblissent. Puis, ce sont deux épidémies de peste en 1451 et 1470 qui tuent le tiers de la population. En 1482, Louis XI agrandit son Royaume et annexe la Provence. Grasse devient française.
Renaissance :
Pendant la Renaissance, Grasse doit encore subir l’invasion de Charles Quint, au cours de laquelle la ville est incendiée et pillée. En 1589, Grasse prend position en faveur d’Henri IV et de son édit de Nantes dans les guerres de religion, ce qui lui attire les foudres du baron de Vins qui fait le siège de la ville pendant huit jours. Grasse se rend, mais le baron est tué.
Durant le XVIIe siècle, Grasse se relève. C’est l’apogée de l’industrie de la tannerie, mais aussi le début de celle du parfum et des « gants parfumés ».
Grasse est connue au siècle des Lumières pour l’intervention cruciale des troupes navales de l’amiral de Grasse, issu de la lignée des comtes de Grasse, dans la victoire des États-Unis contre les colons britanniques. C’est à bord de « La Ville de Paris » qu’il remporte la victoire de Chesapeake.
Jean Honoré Fragonard, enfant de Grasse devient « Peintre du Roy » sous la pression de la marquise de Pompadour.
Des hôtels particuliers sont construits pour la noblesse provençale (les Clapiers-Cabris, les Court de Fontmichel…) qui aiment séjourner à Grasse. La place aux Aires s’embellit avec la construction d’une fontaine.
Le 15 juin 1789 Honoré-Camille de Mougins-Roquefort, alors curé de Grasse, fait partie des premiers curés élus du clergé qui refusent de siéger dans la salle des Cent-Suisses et rejoignent le tiers état. Lors de la division de la France en 83 départements par l'assemblée Constituante, en janvier 1790, Grasse fait partie du département du Var dont elle sera même la préfecture de 1793 à 1795.
1792, c'est la Révolution. À la proclamation de la République, l’extrême gauche s’empare de la mairie. Grasse est alors une ville de tradition opportuniste et commerçante, globalement opposée à la Révolution. Bien que l'on puisse croiser sur des maisons l’inscription suivante : « Ici on s’honore du titre de citoyen. Les hommes sont égaux devant la Loi. Respect à la Loi et ses Ministres. », une guillotine est installée où sont exécutés trente « ennemis du peuple » et de nombreux Grassois sont emprisonnés pour avoir montré leur hostilité à la Révolution.
Époque moderne :
Le XIXe siècle est en revanche un siècle de prospérité. Le parfum se développe et Grasse devient « Capitale mondiale des Parfums ». Elle s’ouvre vers l’extérieur et de grandes usines apparaissent, signe d’adhésion à la Révolution industrielle. C’est également le début du tourisme : on apprécie la qualité de vie, les paysages et le climat qui y règne. La Princesse Pauline y séjourne en 1811 et donne son nom au jardin où elle aime se reposer. De riches étrangers construisent de magnifiques villas et la ville s’enrichit en curiosités diverses. À la création des départements en 1790, Grasse appartenait au Var, dont elle fut même le chef-lieu de 1793 à 1795. Son arrondissement en fut détaché en 1860 pour former, avec le comté de Nice qui venait d'être rattaché à la France, les Alpes-Maritimes.
Au XXe siècle, Grasse garde sa réputation touristique et l’industrie des parfums se transforme et se modernise.
Blasonnement des armes traditionnelles de la ville de Grasse au cours de l'Histoire:
« Agneau pascal, portant une longue croix à laquelle est attaché un étendard, le tout surmonté d'une couronne de Comte Bigarrée. »(XIIIe siècle)
« D'azur à un agneau pascal, ayant son étendard d'argent orné d'une croix d'or et accompagné de trois fleurs de lys d'or, deux en chef et une en pointe, de la devise suivante : Consules Grassae Dei Gratia (Consuls par la grâce de Dieu). » (1427)
« Agneau pascal, regardant la hampe de la bannière, portant une longue croix. » (1681).
« D'azur à une agneau posé sur un tertre de sinople, portant croix d'or et un étendard de gueules. » (1689).
« D'azur à l'agneau pascal d'argent, regardant la hampe de la bannière de gueules, la tête entourée d'une auréole, chargée de trois tourteaux du troisième mal ordonné. » (1696).
« D'azur à un agneau pascal d'argent, la tête contournée et ornée d'un diadème d'or, chargé de trois tourteaux de gueules, deux en chef et l'autre en pointe, l'agneau portant une longue croix de gueules, à laquelle est attaché un guidon d'argent d'une croix de gueules. » (1706).
« Agneau pascal portant une croix, à laquelle est attaché un guidon. » (1769).
« Agneau pascal portant une longue croix à laquelle est attaché un étendard, écu chargé de trois tourteaux (l'agneau regardant à sénextre), le tout surmonté d'une croix de Comte. » (1787).
« D'azur à l'agneau pascal d'argent, portant une croix sans pennon, du même, soutenu d'une champagne d'or, chargé à senextre d'une branche de jasmin en barre, à dextre, d'une branche d'olivier en bande, croisées en sautoir, le tout au naturel, franc-quartier des villes de deuxième classe, qui est à dextre, d'azur chargé d'un N d'or, surmonté d'une étoile rayonnante du même, brochant au neuvième de l'écu. » (1811).
« D'azur, à un agneau pascal ayant guidon d'argent, orné d'une croix et accompagné de trois fleurs de lys d'or, deux en chef une en pointe. » (1814).
« D'azur, à un agneau pascal d'argent, posé sur une terrasse de sinople, portant une croix d'or et un guidon de gueules. »(1882).
Grasse connut un essor de la tannerie au XVe siècle, ce qui explique que l'on retrouve l'agneau pascal, emblème des corporations de drapiers.
Parfumerie :
Au XIIe siècle, se développe le commerce des peaux et les tanneurs travaillent autour du petit canal qui parcourt la cité. Cette activité génère une forte odeur. À l'époque de la Renaissance les fabricants commencent à parfumer leur production de gants, de sacs et de ceinture, pour répondre à la nouvelle mode venue d'Italie avec l'entourage de la reine Catherine de Médicis.
La campagne autour de la cité commence à se couvrir de champs de fleurs, offrant de nouveaux effluves à la ville. En 1614, le roi reconnaît la nouvelle corporation des « gantiers parfumeurs ».
Au milieu du XVIIIe siècle, la parfumerie connaît un très important essor. Les entreprises phares datent de cette époque parmi lesquelles Galimard. La production artisanale des débuts se transforme en une véritable industrie capable de s'adapter aux nouveaux impératifs du marché.
Au XIXe siècle, les matières premières commencent à être importées de l'étranger. Au XXe siècle, c'est la création des produits de synthèse pour répondre à la démocratisation des parfums et de leurs emplois dérivés (shampoings et déodorants, crèmes et détergents, arômes alimentaires pour les biscuits, les glaces et les produits lactés, les boissons, les plats cuisinés, les confiseries, les confits et les sirops.
En 1905, six cents tonnes de fleurs étaient récoltées, dans les années 1940, cinq mille tonnes étaient produites annuellement. Au début des années 2000, la production est inférieure à 30 tonnes, toutes fleurs confondues.
La parfumerie : activité historique
Au Moyen Âge, Grasse se spécialise dans le tannage du cuir. Une fois tannés, les cuirs sont souvent exportés vers Gênes ou Pise avec qui Grasse avait fait une alliance commerciale. Plusieurs siècles de cette intense activité furent les témoins de nombreux progrès techniques des industries de tannerie. Les cuirs de Grasse acquirent une réputation de grande qualité. Mais le cuir sent mauvais, chose qui ne plaît pas à la noblesse qui porte des gants en cette matière. C’est Galimard, tanneur à Grasse qui a l’idée de créer des gants en cuir parfumé. Il en offre une paire à Catherine de Médicis qui est séduite par le cadeau. Dès lors, le produit se répand à la Cour et dans toute la haute société et il fit de Grasse une réputation mondiale. Nous sommes au XVIIe siècle, c’est la grande époque des « Gantiers Parfumeurs ». Mais les taxes sur le cuir et la concurrence de Nice firent décliner l’industrie du cuir à Grasse et au cuir succéda le parfum.
Les senteurs rares du pays de Grasse (lavande, myrte, jasmin, rose, fleur d'oranger sauvage, mimosa) firent gagner à Grasse le titre de capitale mondiale du parfum. Le jasmin occupait il y a encore quelques décennies une main-d’œuvre importante : les fleurs devaient être cueillies à la main au lever du jour, au moment où leur parfum est le plus développé, pour être traitées immédiatement par enfleurage à froid.
Aujourd’hui encore, la parfumerie demeure le principal pôle industriel de Grasse. Un réseau d'une soixantaine d'entreprises y emploie 3 500 personnes dans la ville et les environs. En comptant les emplois induits ce sont près de 10 000 Grassois qui vivent des parfums. Presque la moitié de la taxe professionnelle de la ville provient de ce pôle industriel qui devance le tourisme et les services.
L’activité de la parfumerie à Grasse va de la production de matière premières naturelles (huiles essentielles, huiles concrètes, huiles absolues, résinoïdes, et de distillation moléculaire) à la fabrication de concentré, appelé aussi le jus. C’est ce concentré qui dilué dans, au moins, 80% d’alcool permet d'obtenir du parfum. Les arômes alimentaires, qui se développent depuis les années 1970, comptent pour plus de la moitié des débouchés de la production. Le bassin de Grasse à encore un rôle de premier plan dans le monde de la parfumerie, il représente près de la moitié de l’activité française de la parfumerie et des arômes et autour de 7-8% de l’activité mondiale.
Durant les années 1960 et 1970 de grands groupes internationaux ont progressivement racheté les usines locales familiales (Chiris, Givaudan-Roure et Lautier par exemple). La production a souvent été délocalisée. Mais l'industrie grassoise achève une longue mutation, il y a encore 30 ans la plupart des entreprises se focalisaient sur la production de matières premières. Cependant un parfum contient de nos jours une majorité écrasante de produits chimiques de synthèse. Les entreprises se sont donc adaptées en se tournant vers l’aromatique de synthèse et notamment vers les arômes alimentaires. Face aux multinationales de la chimie, les industries grassoises ne peuvent rivaliser, elles profitent cependant d'avantages de taille tels que la connaissance des matières premières, les installations, les sous-traitants, etc. En outre, de grandes marques comme Chanel possèdent leurs propres plantations de roses et de jasmins à Grasse.
L'industrie de la parfumerie a permis à Grasse de conserver un secteur secondaire puissant autour de la filière arômes et parfums qui est reconnue internationalement : 10 % du chiffre d'affaires mondial de cette filière et 50 % du chiffre d'affaires national est réalisé à Grasse. De fait, la ville constitue avec d'autres zones des régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes un pôle de compétitivité national labellisé en juillet 2005 intitulé P.A.S.S (Parfums-Arômes-Senteurs-Saveurs). Le pôle parfums emploie 3 500 salariés directement et plus de 10 000 indirectement, des taux qui augmentent de 3 à 4 % par an.
Viguiers et bayles :
De 1220 à 1481, le comte de Provence fait de Grasse un chef-lieu de baylie. Le bayle rend la justice dans toute la région au nom du comte.
À ce magistrat vint s'ajouter en 1250 le viguier lorsque Grasse devient chef-lieu de viguerie. Le viguier, rend lui aussi la justice dans tout le Pays de Grasse, mais au nom du roi.
Ces deux administrations, extrêmement puissantes et organisées, mirent souvent à mal l'autorité du conseil municipal.
Personnalités liées à la commune :
VIe siècle
- Louis Bellaud de la Bellaudière (1543-1588), poète du XVIe siècle.
XVIIe siècle
- Antoine Godeau (1605-1672) Évêque de Grasse et premier membre de l'Académie française de l'Histoire.
XVIIIe siècle
- L'amiral de Grasse (1722-1788). Noble né au Bar-sur-Loup, il commandait la flotte française envoyée par le roi Louis XVI lors de la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique (fin du XVIIIe siècle) et remporta sur la flotte britannique la victoire de la baie de Chesapeake alors qu'à terre se déroulait la bataille de Yorktown qui devait mettre fin à cette guerre. Un lycée de la ville porte son nom.
- Honoré Fragonard (1732-1799), anatomiste célèbre pour ses « écorchés ».
- Jean Honoré Fragonard (1732-1806), peintre du XVIIIe siècle.
- Maximin Isnard (1755-1825) député du Var pendant la Révolution, ancien Président de l'Assemblée nationale et élu au Conseil des Cinq-Cents est né et mort à Grasse.
- Honoré Théodore Maxime Gazan de la Peyrière (1765-1845) général sous le 1er Empire.
- Napoléon 1er (1769-1821) Empereur des Français, visiteur occasionnel de Grasse, il y fit une halte lors de sa remontée sur Paris en 1815. Il est contraint d'y abandonner, Place de la Foux, 4 canons, une berline et plusieurs voitures.
- La Princesse Pauline Bonaparte (1780-1825) séjourna longtemps dans la ville à partir de 1811. Elle se promène souvent dans ce que sont aujourd'hui les Jardins de la Princesse Pauline.
XIXe siècle
- Antoine-François-Félix Roselly de Lorgues, écrivain religieux français, y est né le 11 août 1805
- Victoria du Royaume-Uni (1819-1901) reine du Royaume-Uni, fit honneur de sa présence du 25 mars au 28 avril 1891 dans la ville de Grasse, séjour au cours duquel elle visita les jardins d'Alice de Rothschild
- Charles Nègre (1820-1880), peintre et photographe, né et mort à Grasse.
- César Ossola (1848-1915), industriel en parfums, adjoint au maire de Grasse, député ; une place de Grasse porte son nom.
- Édouard Rod (1857-1910), écrivain suisse, mort à Grasse.
- Marcellin Chiris (1857-1932), archéologue français, né et mort à Grasse.
- Herbert George Wells (1866-1946), le célèbre écrivain britannique, qui y possédait la propriété de Lou Pidou. Wells et Eugène Dupont.
- Ivan Bounine, (en russe Иван Алексеевич Бунин), (1870-1953) écrivain russe et prix Nobel de littérature, auteur de poèmes, nouvelles et de romans a vécu vingt-deux ans à Grasse.
- Paul Goby (1879-1937) Archéologue et Auteur de la découverte du Plateau de la Malle.
- Jean Ossola (1881-1932), député, secrétaire d'État à la Guerre, maire de Grasse.
- Léon Chiris, (1839-1900). Industriel négociant, propriétaire et dirigeant de la plus importante maison de parfumerie de la ville dans la seconde moitié du XIXe siècle. Député de la circonscription de Grasse de 1874 à 1882, sénateur de 1882 à 1900. Membre de l'Union républicaine (gauche).
XXe siècle
- Robert Crépeaux (1900-1994), champion de France d'échecs.
- Pierre Herbart (1903-1974), romancier et essayiste français, mort à Grasse.
- Ferdinand Springer (1907-1998), peintre-graveur, mort à Grasse.
- Édith Piaf (1915-1963), chanteuse française, morte le 11 octobre 1963 à Grasse (Plascassier).
- Alexandre de Marenches (1921-1995), officier français, ancien patron du SDECE y a passé la fin de sa vie.
- Gérard Philipe (1922-1959), acteur, a grandi à Grasse au Parc Palace qui était présidé par son père pendant l'Occupation. Son grand-père fut maire de Grasse.
- Jacques-Louis Lions (1928-2001) (fils de l'ancien maire Honoré Lions) et son fils Pierre-Louis Lions, mathématiciens.
- Georges Lautner, né en 1926, réalisateur de cinéma français, y réside (saint François).
- Jacques Courtens (1926-1988) artiste peintre a produit l'essentiel de son œuvre à Grasse où il décéda.
- Bernard Pons né en 1926, Homme politique français, ancien ministre français y réside (Saint François).
- Charles Pasqua est né à Grasse en 1927. Homme politique français, ancien ministre de l'Intérieur.
- Robert Nyel (1930) Auteur compositeur, né à Grasse
- Georges Descrières de son vrai nom Georges Bergé, acteur français célèbre pour ses interprétations d’Arsène Lupin, né le 15 avril 1930 y réside (Magagnosc).
- Yves Bertrand, né le 25 janvier 1944, ancien directeur des Renseignements généraux.
- Coluche, (1944-1986), mort percuté par un camion près de Grasse le 19 juin 1986.
- Fréderic Prokosch, écrivain américain mort au Plan de Grasse en 1989.
- Michèle Mouton, pilote de rallye est née à Grasse en 1951 et a occupé la 14e position sur la liste d'Hervé de Fontmichel aux élections municipales de 1989.
- Lolo Ferrari (1963-2000) a vécu et est décédée à Grasse le 5 mars 2000.
- Olivier Py (1965), acteur français, né à Grasse.
Administration :
Le logo de la ville de Grasse
De même que l'ensemble de l'arrondissement de Grasse, Grasse a été détachée du département du Var, dont elle était le chef-lieu, en 1860, pour former avec le comté de Nice, offert à la France de Napoléon III par le roi de Sardaigne suite à la participation française dans l'unification italienne, le département des Alpes-Maritimes. En 2010, la commune de Grasse a été récompensée par le label « Ville Internet @@@ ».
Culture et Patrimoine :
- La cathédrale
- La tour Sarrasine : haute de 30 m, carrée, ancienne tour de guet.
- Hôtel de ville (ancien évêché) : la porte monumentale de l'hôtel de ville en pierre de taille et sommée des armes de Grasse mène dans la cour intérieure où trône la fontaine surmontée par la statue de Rabuis représentant Grasse allégorisée. Sur la droite, on peut admirer la façade très conservée de l'ancien palais épiscopal. Au fond, un jardin discret offre un panorama sur le centre de la ville. À l'intérieur de la mairie, dans le hall, deux arceaux du XIIe siècle sont remarquables, tout comme la chapelle privée des évêques de Grasse (XIIe siècle) au deuxième étage, transformée aujourd'hui en salle des mariages. Lorsque l'évêché est supprimé en 1790, le bâtiment devient hôtel de ville.
- Les parfumeries : étape incontournable dans la visite de Grasse. Trois d'entre elles, Fragonard, Galimard et Molinard ouvrent leurs portes au public et proposent des visites guidées gratuites afin d'expliquer les procédés de fabrication du parfum. Il y est possible de créer soi-même son parfum ou son eau de toilette et de participer à toutes les étapes de sa fabrication allant du ramassage de fleurs à la mise en flacon du parfum.
Ø La parfumerie Galimard, créée en 1747 par Jean de Galimard fournissait la Cour en pommades et parfums. Elle a été relancée après-guerre par Gaston de Fontmichel et Joseph Roux.
Ø La parfumerie Molinard présente des flacons anciens signés Baccarat ou Lalique, des séries d'étiquettes. L'atelier de tarinologie permet de créer son propre parfum.
Ø La parfumerie Fragonard est installée depuis 1926 dans une des plus anciennes fabriques de la ville. Son musée présente des objets rares qui évoquent l'histoire de la parfumerie depuis plus de 5 000 ans.
- Musée Fragonard : musée consacré au peintre créé à l'initiative de François Carnot avec l'aide de sa Société Fragonard, le musée Fragonard de Grasse se voulait être le musée régional qui manquait à la Provence orientale. L'hôtel Clapier-Cabris, vandalisé et dévasté pendant un siècle fut patiemment et méthodiquement rénové, puis rempli de mille trésors par de nombreux contributeurs enthousiastes. Inauguré en 1921, le musée, malgré son nom, n'exposa pas de toile de Jean-Honoré Fragonard durant plus de vingt ans. Aujourd'hui, il en possède treize des plus variés. Le musée présente aussi les répliques de quatre tableaux qu'il peignit pour la comtesse du Barry. La cage d'escalier présente un étonnant trompe-l’œil que le fils de Fragonard, le jeune Alexandre, aurait réalisé à l'âge de 13 ans.
- Musée International de la Parfumerie : ouvert en 1989, le musée retrace l'évolution des techniques et les 4000 ans d'histoire de la parfumerie à laquelle Grasse a largement contribué. Il a été rénové et agrandi (doublement de la surface) entre 2007 et 2008.
- Musée d'Art et d'Histoire de Provence est installé dans la villa Clapiers-Cabris, demeure de la marquise de Cabris et présente l'histoire de Grasse et de sa région. Une annexe de ce musée, situé dans la rue droite, renferme des costumes et des bijoux provençaux des XVIIIe et XIXe siècles.
Ces précédents musées constituent les musées de Grasse
- Musée de la Marine : Le rez-de-chaussée de la Villa Fragonard accueille depuis 2007 le Musée de la Marine, précédemment situé dans l'Hôtel Pontevès. Ce musée consacré à la vie et à la carrière d’un grand marin de Provence et de ses compagnons : François-Joseph Paul comte de Grasse (1722-1788). Trente maquettes de navires sont exposées dans les différentes pièces en rez-de-jardin.
- L’église du Plan de Grasse, construite en 1753, est dédiée à Sainte Hélène.
- L’église de Placassier, construite en 1644, est dédiée à saint Pancrace.
- Le domaine de Manon cultive les roses et les jasmins.
- Le jardin de la Princesse Pauline, du nom de la sœur de Napoléon Ier qui séjourna dans la ville en 1807-1808 et affectionnait ce jardin.
- Le musée provençal du Costume et du Bijou présente une collection privée (dépendance de la parfumerie Fragonard) qui visite l'univers délicat du costume féminin au XVIIIe siècle.
- Le théâtre de Grasse est réputé pour ses représentations de théâtre, danse, cirque, musique… Il est classé "scène conventionnée" par le ministère de la Culture.
- Le Conservatoire municipal de Musique de Grasse, établissement agréé par le ministère de la Culture.
On y enseigne la formation musicale, l'éveil musical (enfants de 5-6 ans), le chant choral, le piano, l'orgue, le violon, l'alto, le violoncelle, la flûte traversière, la clarinette, le saxophone, la trompette, le trombone, le tuba, la guitare, la harpe, les percussions, la musique traditionnelle, les musiques actuelles, la musique de chambre. Il est possible de faire partie de classes à horaires aménagés musique (CHAM) avec l'école Saint-Exupéry et les collèges Carnot et Fénelon et de suivre des cours de préparation musicale pour le bac.
- L'espace culturel Altitude 500
- Le cinéma "Cinéma Studio"
Manifestations culturelles et festivités :
Grasse organise toute l'année, mais notamment en période touristique des manifestations, expositions et congrès très axés sur la parfumerie ou les traditions locales.
La Fête du Jasmin se déroule au début du mois d'août. On y assiste à des défilés de chars, des fanfares, des feux d'artifice et des représentations culturelles autour du thème de la fleur de Jasmin. Au total, c'est 150 000 fleurs qui sont utilisés pour la festivité. La première édition de cette fête populaire et touristique eut lieu en 1946 et le principe des défilés date de 1948.
L'Exporose ou Exposition internationale de roses a lieu en mai. On y assiste à des expositions de roses de toutes sortes, des marchés, des ventes, des visites de la ville, des spectacles et des concours autour du thème de la Rose. Elle existe depuis 1972.
Bio Grasse a lieu début septembre. On y trouve un marché de produits biologiques et des animations et expositions autour de l'agriculture biologique, le développement durable et l'écologie. La première édition date de 1996.
Olivéa a lieu en juin. C'est un salon qui abrite des marchés, des concours, des expositions, des débats, des animations, des conférences... autour du thème de l'olive, mais aussi de l'ensemble des traditions locales provençales.
Vénusia ou Congrès international de cosmétologie a lieu en avril au palais des Congrès et présente des conférences autour de la beauté et du parfum.
Le Congrès Centifolia a lieu en octobre depuis 2001. Il a pour but de présenter au travers de conférences la filière du parfum, premier secteur économique de la ville et pour lequel un pôle de compétitivité a été labellisé.
Le Symposium international d'aromathérapie et plantes médicinales.
Enfin, quelques symboles maçonniques du 10 rue Sans-Peur à Grasse

