Le Parti Socialiste doit enfin prendre conscience, 52 ans après sa création, que les élections en France sont aujourd’hui déterminées par la Constitution de la Vème République.
Le Créateur de la Constitution, le Général de Gaulle, a voulu que cette élection soit la rencontre d’un homme politique, soutenu par un grand parti de gouvernement organisé, avec le peuple Français. Tous les Présidents qui ont été élus au suffrage universel direct depuis 1965, l’ont été dans ce cadre, y compris François Mitterrand.
Tous, ont pris le pouvoir de leur parti et se sont présentés à l’élection « naturellement » avant de se présenter devant le peuple. Tous ont préparé leur programme propre qui a été entériné par leur parti et parfois aussi par les autres partis de leur camp (Giscard, Mitterrand). Il s’agit bien d’une Constitution Présidentielle.
Le Parti Socialiste lui, replonge dans ses vieux démons de la SFIO. Il demeure un parti parlementaire. Il essaie de faire plier la Constitution Présidentielle à ses idéaux parlementaristes (que l’on peut critiquer ou préférer, peu importe) mais, à moins de changer de Constitution, cela ne semble guère possible.
Jamais un candidat d’un parti (socialiste en l’occurrence) n’a gagné une élection présidentielle surtout s’il doit présenter le programme du parti. Et le PS n’en a toujours pas tirer les leçons.
Pire, il organise sa propre division en organisant des « primaires », gage, parait-il, de démocratie. Sans doute, mais visiblement pas gage d'efficacité... Il s’agit en fait de choisir « le » candidat du parti socialiste qui défendra le programme validé auparavant. C’est faire un choix sur la bonne mine. Et puis, franchement, les candidatures au sein du PS se multiplient dans tous les sens. Aucune, je dis bien aucune, ne semble « naturelle », tous se chamaillent pour avoir l’assentiment de son parti. S’il n’y en a aucune qui se dégage suffisamment pour un simple parti, comment pourrait-on imaginer qu’une de ces candidatures ait assez de charisme pour emporter les suffrages des Français ?
De plus, les primaires, si elles sont inscrites dans la culture Nord-Américaine où après s’être déchirés pendant des mois en disant les pires horreurs les uns sur les autres, les candidats, lors de la Convention, se tapent la main dans la main pour tout recommencer à 0 et affronter le candidat adverse le plus souvent, ensemble, ne le sont pas en France. Les primaires, lors de la dernière élection Présidentielle, ont laissé des traces au sein du PS. Et ils veulent poursuivre dans cette erreur ???
Enfin, le corps électoral lors de l’élection de ces primaires est extrêmement curieux puisque tous les électeurs, en possession d’une carte électorale sont convoqués, ceux qui votent PS, UMP, Modem, FN, PC, Parti de Gauche, Ecologistes, NPA,… avec une attestation sur l’honneur comme ayant une sensibilité « de gauche ». Déjà, on peut déjà douter de la véracité de cette attestation mais en plus, si on est dans la pure stratégie politique si chère à François Mitterrand, c’est offrir à ses adversaires la possibilité d’écarter le meilleur candidat que pourrait avoir le PS.
Alors bien que notre Président de la République actuel soit au plus bas dans les sondages, nous ne devons pas oublier qu’il est un formidable champion pour mener une campagne électorale et il n’a pas encore perdu la prochaine, loin s’en faut. Par ses relations, n'oublions pas comment il s'y est pris pour gagner les dernières élections : Après avoir écarté d'éventuels autres candidats importants à droite, comme Dominique de Villepin, il lui reste à neutraliser les candidatures d'opposition. Les cotisations d'adhésion au parti socialistes sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants. Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d'extrême gauche s'est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l'équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA). Ce n'est pas la première fois
que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé́ deux célèbres agents de la CIA : Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn. Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l'élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence : Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d'éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu'il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal. L'opération est possible parce que Strauss-Kahn est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu'il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévot de l'université, Condoleezza Rice. Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international. Et c'est ce monsieur, DSK, que le Parti Socialiste veut faire son champion alors qu'il a objectivement fait tout ce qu'il fallait pour l'élection de Sarkozy aux dernières élections présidentielles ? C'est à n'y rien comprendre !
De plus, la manière qu'à eu DSK de se compromettre avec le régime Tunisien de Ben Ali le rend encore moins sympathique aux gens attachés aux valeurs de gauche et à la démocratie.
Pour moi, les primaires, qui plus est toujours retardées pour attendre l’improbable DSK, sont la nouvelle machine à perdre pour le Parti Socialiste. Un nouveau « 21 avril » n’est pas à écarter, d’autant que Le Pen fille présente un visage plus policé que son père même si les idées ne changent pas.
Nous pouvons aussi mettre en doute les capacités à rassembler l'ensemble des forces de gauche et même du simple parti socialiste de DSK, même s'il essaie de se poser en recours, plus social-démocrate que socialiste. Le stratège François Mitterrand a toujours dit que le parti socialiste se prenait par la gauche (il l'a démontré en faisant alliance avec le PC, les Chevènementistes,...) pour pouvoir s'ouvrir au centre au 2ème tour. Toutes les tentatives de prendre le parti par la droite (Mendès, Rocard, Vals,...) ont été ou seront des échecs tellement ils suscitent d'oppositions du côté de l'aile gauche du parti et des autres compositions de la gauche telles que le Front de gauche, les écologistes, le NPA,... ce qui engendrera des pertes non négligeables de voix au deuxième tour.
Le seul candidat qui pourrait remporter les élections présidentielles prochaines serait un candidat ayant la stature d'un homme d'état, situé à la gauche du parti socialiste, capable de rassembler tout le parti et au-delà toutes les forces de gauche et qui serait aujourd'hui un recours face aux candidatures de tout poil au sein du parti socialiste. Une candidature qui aurait comme modèle la stratégie Mitterrandienne. Cette candidature peut exister. Vous penser à une personne ? Moi aussi. Mais aurait-elle envie "d'y aller" ???
Si le Parti Socialiste veut enfin revenir aux affaires, il doit prendre conscience que la France n’est plus sous la IVème République mais sous la Vème. Le seul socialiste qui en a pris conscience est aussi le seul socialiste qui a pu présidé l’instance suprême fut un certain François Mitterrand dont l'autorité au PS n'était pas contestée, sauf très ponctuellement par un Michel Rocard qui, visiblement n'avait pas la trempe face au vieux renard.

