Il y a quelques jours, le Japon vient de vivre un double drame : un séisme de magnitude 9 sur l’échelle ouverte de Richter suivit d’un Tsunami exceptionnel dont la vague aurait atteinte les 17 m. Le Japon s’est déplacé de 2,4 m vers l’est au lieu des 84 mm annuels.
Si les Japonais sont très habitués aux secousses sismiques et aux Tsunamis (mot qu’ils ont inventé), l’accumulation des 2 phénomènes, d’une ampleur tout à fait exceptionnelle, semble les avoir pris au dépourvu. En effet, le séisme n’a pas engendré trop de dégâts tant au niveau du nombre de victimes ou dans les villes ou même vis-à-vis des centrales nucléaires. En revanche, c’est la vague exceptionnelle du Tsunami qui a engendré les victimes (10 000 à l’heure actuelle mais sans doute, plus probablement 40 000). Les Japonais n’avaient pas envisagé des désastres d’une telle ampleur (le maximum envisagé était une vague de 10 m, ce qui est visiblement insuffisant pour ce Tsunami, là). C’est cette non-prévention qui a engendré toutes les victimes, tous les dégâts, qui a ravagé des régions entières.
Alors que ces pauvres Japonais, très fatalistes, courageux, fiers et très dignes vivent une tragédie (la pire depuis les catastrophes d'Hiroshima et de Nagasaki) où ils ont encore du mal à compter leurs morts, où ils ont tout perdu et où certains sont sous la menace d'une catastrophe nucléaire, que faisons-nous ? Envoyons-nous de l'aide humanitaire ? Très peu. Envoyons-nous des pastilles d'iode dont ils auraient tant besoin et qui nous sont totalement inutiles puisque ces pastilles sont aussi efficaces pour les personnes ayant subies de fortes irradiations, qu'elles sont nocives voire dangeureuses pour les faiblesdoses reçues ? Non, on préfère les garder ! Envoyons-nous nos surplus de masques achetés à grands frais et inutilement pour lutter contre l'hypothétique grippe H1N1 ? Toujours pas ! Nos experts nucléaires si qualifiés et si vantés vont-ils aider nos amis Japonais ? Non plus, Ces messieurs préfèrent donner leurs conseils du fond de leurs fauteuils en cuir moelleux. Entendons-nous MM. Kouchner et consorts exiger le "droit d'ingérance humanitaire" pour les Japonais démunis (car il n'y a pas que les victimes proches de la centrale nucléaire, il y a tous les autres, entre autre, au nord du Japon qui n'ont toujours pas eu d'aides plus de 8 jours après le Tsunami) ? Que nenni ! Des reporters nous ont ramenés des images très voyeuristes de cette région avant de prendre leurs jambes à leur cou et d'être rappatriés en France. Alors que les Japonais luttent avec des moyens dérisoires pour permettre aux coeurs des 6 réacteurs de refroidir, nous nous sommes contentés d'envoyer 600 pompiers en prenant soin de les éloigner de la centrale. Alors que les Japonais luttent pour leur survie nous ne faisons rien d'efficace pour eux. Pire, nous préférons investir notre argent dans des frappes militaires contre le dictateur Khadafi pour soutenir un soulèvement islamiste en Lybie qui aspire à installer au pouvoir une République, non pas Islamique (il ne faut ni exagérer ni faire peur), mais qui respectent les lois du Coran dont la Charia ! Belle mentalité ! J'oubliais que le Japon n'a pas de matière première et nous n'avons aucun intérêt financier à les aider alors que la Lybie regorge de pétrole... Quelle triste humanité ! Quel scandale ! Nous avons un comportement très voyeuriste en regardant ces pauvres Japonais mourir sous nos yeux sans leur tendre une main secourable, puis nous partons. Notre premier soucis est de rappatrier nos compatriotes en métropole et de nous demander l'impact que cela pourrait avoir sur notre pays. Que chacun se rassure, le Japon est trop loin pour que la contamination radioactive puisse avoir une influence sur nos précieux corps de Français. L'autre soucis que nous avons c'est de débattre sur nos centrales nuclaires en France. Le prétexte est que nos centrales ont une moyenne d'âge de 25 ans (en ignorant volontairement toute la mainteance effectuée sur elles). Certains osent argumenter que certaines centrales comme Fessenheim se trouvent dans des zones sismiques et brandissent le risque d'une catastrophe nucléaire comme à Fukushima. C'est mentir aux Français ! Comment oser comparer le risque sismique en Alsace et au Japon ! Comment feindre d'ignorer que ce n'est pas le séisme qui a posé des problèmes graves à la centrale de Fukushima mais le Tsunami qui ne semble pas menacer l'Alsace à ce que je sache ! Franchement, c'est indécent ! Que l'on veuille débattre du nucléaire en France et ailleurs, pourquoi pas, c'est la démocratie. Nous aurions pu néanmoins conserver une certaine dignité et de la retenue pour respecter le temps de deuil de nos amis Japonais. Les élections cantonales en France, 1 et 2 semaines après la catastrophe Japonaise, ont sans doute aveugler certains qui veulent exploiter ce drame à des fins purement politicienne. On n'est plus à une indécence près !
Ce regain d'activités sismiques peut aussi légitimement nous questionner quant aux autres failles qui existent au Japon dont certaine traverse de par en par une autre centrale nucléaire. De nombreux volcans existent au Japon, dont le symbole même de ce pays, le mont Fuji. Ce regain d'acitivtés sismiques pourraient réveiller les activités des volcans selon les spécialistes. Qu'adviendrait-il si les volcans japonais se réveillaient ? Il y a un vrai risque pour que cela arrive. Les autorités nippones devraient en tenir compte. Il n'y a pas que les répliques sismiques qui risquent d'être dangereuses. Ce n'est que la face émergée de l'iceberg.
L’économie entière de Japon, 4ème puissance économique mondiale avant ce drame, est ravagée. Tous les constructeurs automobiles et de composants électroniques sont à l’arrêt. La bourse de Tokyo est en chute libre (- 10 points aujourd’hui, les valeurs Japonaises ont été divisé par 4 en quelques années). Le Japon aurait besoin de plusieurs centaines de milliards d’euro pour se relever (près de 500) alors qu’il a une petite économie (il a fallut 700 milliards pour résoudre la crise des suprimes au USA pour une économie bien plus importante). Le PIB du Japon va en prendre en sacré coup. Mais le Japon a de grandes ressources dont une économie important placée par les Japonais et des avoirs à l’étranger. Si je Japon décide de rapatrier ses avoirs de l’étranger, ce sont beaucoup de pays qui risquent de souffrir de cette déflagration, c’est l’effet papillon dans une économie qui est mondialisée. Le Japon n’est pas une île ! La Chine et la Corée risquent aussi de récupérer une partie significative de la production japonaise. Peut-être que cela engendrera une recomposition de l’économie et de la production asiatique dans les prochaines années…
La centrale nucléaire de Fukushima a été très atteinte, non par la cause du séisme car elle a été construite avec toutes les sécurités requises en cas de gros séisme. C’est le Tsunami, qui a tout ravagé en inondant la centrale d’eau de mer. C’est en n’ayant pas prévu toutes les conséquences d’un énorme et exceptionnel Tsunami que les constructeurs Japonais privés de cette centrale nucléaire ont fait courir le risque inconsidéré de contamination nucléaire pour les habitants voisins de la centrale de Fukushima. Il y a un risque de plus en plus important de connaître un nouveau Tchernobyl, la situation évoluant d’heure en heure dans un sens défavorable. A cette heure, 3 réacteurs sur 6 ont leur enveloppe en béton ouverte et les Japonais essayent de continuer à les refroidir en essayant d’apporter de grandes quantités d’eau. Pire un nouveau réacteur a l’enceinte de confinement fissurée ce qui laisse envisager des fuites radioactives. L’accident nucléaire est classé 6 sur une échelle de 7.
Le drame de la centrale nucléaire de Fukushima engendre de nouvelles polémiques dans le monde entier et particulièrement en France. Les écologistes, surfant sur l’émotion que ce que vivent les Japonais suscite pour nous) réclament la fermeture de la centrale nucléaire la plus ancienne de France : Fessenheim. Les arguments développés par ceux-ci est que cette centrale est construite sur une zone sismique. C’est ignorer que la construction a été faite par EDF sous contrôle de l’état en prenant toutes les précautions et même au-delà de tous les relevés les plus hauts sismiques de la région. C’est ignorer aussi qu’en Alsace, je ne connais pas de risques de Tsunami (qui est l’élément dévastateur du Japon). Les écologistes développent des arguties honteusement mensongères pour sortir la France du nucléaire en jouant sur la peur des Français comme le fait le FN vis à vis des étrangers. Mais économiquement, l’électricité Française dépend à 80% des centrales nucléaires, ce qui fait que nous avons une électricité 40% moins cher que nos voisins et la deuxième puissance nucléaire du monde après les USA. C’est aussi oublier que sans nucléaire, à l’heure actuelle des connaissances scientifiques, nous serions obligés d’avoir des centrales au pétrole et/ou au charbon, sources de nombreuses émissions de gaz carbonique, à effets de serre si chers aux écologistes. Les techniques d’énergies renouvelables sont certes à développer mais elles sont encore insuffisantes pour palier à toute notre consommation d’énergie.
Alors nous devons rester réalistes, envisager les pires scénarii (pour les prévenir mieux encore) pour éviter les pires accidents nucléaires, développer les techniques d’énergies renouvelables mais il ne me semble pas opportun ni réaliste d’abandonner aujourd'hui le nucléaire en France. Assurer sa sureté oui, l’abandonner à terme quand il existera de vraies solutions alternatives aussi. Mais l’abandonner pour revenir au charbon comme les Allemands non. Les centrales au charbon ou au pétrole sont bien plus polluantes que celles à l’énergie nucléaire, et plus coûteuses aussi pour le consommateur. Cela me semble très loin de ce que propose le mouvement écologiste… Il manque à ce mouvement politique, me semble t’il, une certaine cohérence….

