Officiellement candidate à la primaire socialiste depuis mardi, la première secrétaire du PS Martine Aubry va devoir prouver à ses contradicteurs qu'elle est plus que la "dame des 35 heures." Ceci étant, on doit bien avouer que la candidature de la première secrétaire est quasiment un non-évènement, tellement cela était attendu.
Scolarisée dans l'enseignement privé et public (lycée Notre-Dame-des-Oiseaux et lycée Paul-Valéry de Paris), Martine Aubry, titulaire d'une licence de sciences économiques obtenue à l'Université Paris II Panthéon-Assas et diplômée de l'Institut des sciences sociales du travail, sort également diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris en 1972.
Élève à l'École nationale d'administration de 1973 à 1975 (promotion Léon Blum), elle en sort administratrice civile au ministère du Travail et des Affaires sociales. Pendant la même période, elle milite à la CFDT, et devient professeur à l'ENA en 1978. Elle est détachée au Conseil d'État entre 1980 et 1981.
À la suite de l'élection à la présidence de la République de François Mitterrand en 1981, elle occupe divers postes au ministère du Travail et des Affaires sociales, dans les cabinets de Jean Auroux (elle y rédige les lois Auroux) et de Pierre Bérégovoy.
Après la victoire de la droite aux élections législatives de 1986, elle est nommée maître des requêtes au tour extérieur au Conseil d'État. Entre 1989 et 1991, elle travaille chez Pechiney et devient la directrice adjointe de l'homme d'affaires Jean Gandois. À ce poste, elle participe à l'ouverture d'une usine à Dunkerque et à la fermeture de l'usine d'aluminium de Noguères (Pyrénées-Atlantiques).
C'est un surnom qui lui colle à la peau, « la dame des 35 heures. » A l'annonce de sa candidature, les déclarations n'ont pas manqué : Jacques Myard, député UMP, a ainsi dit « Voilà quelqu'un qui a à son actif un certain nombre de bévues et un certain nombre d'erreurs manifestes Demandez aux Français sur les 35 heures si cela leur a rapporté beaucoup. » Marc-Philippe Daubresse secrétaire général adjoint de l'UMP, l'a également rappelé : « Derrière Martine qui parle de la compétitivité de la France et l'avenir du pays, il y a Aubry la dame des 35 heures. »
L'ironie du sort, c'est que cette mesure phare du gouvernement Jospin n'a pas été l'initiative de la maire de Lille, mais de Dominique Strauss-Kahn. Elle y aurait même été plutôt opposée : en 1991, devant des militants de la CFDT, elle avait ainsi déclaré : « Je ne crois pas qu'une mesure généralisée de réduction du temps de travail créerait des emplois. »
Élu maire de Sarcelles en 1995, DSK y met en place les Emplois jeunes : c'est à partir de cette expérience qu'il nourrit le programme économique du PS en remettant au goût du jour l'idée portée par les syndicats CFDT et CGT de la réduction de la durée légale du travail à 35 heures sans baisse de salaire.
Après la victoire de la gauche aux législatives qui suivent la dissolution de 1997, le nouveau Premier ministre Lionel Jospin la nomme ministre de l'Emploi et de la Solidarité. C'est à ce moment là qu'elle met en place la principale promesse du Premier ministre : la lutte contre le chômage avec la création des fameuses 35 heures. Elle crée aussi les Emplois jeunes (une autre mesure crée localement par Dominique Strauss-Kahn), et la Couverture Maladie Universelle et est la première à combler le « trou de la Sécu ».
Nommée ministre par Cresson
Martine Aubry n'aurait donc pas mis en place les 35 heures de plein gré ? Volontaire ou subie, sa carrière ne se résume de toute manière pas qu'à la réduction de la durée légale du travail. La fille de Jacques Delors a au contraire commencé sa carrière politique très jeune. Née le 8 août 1950 à Paris, Martine Aubry est diplômée de Sciences-Po Paris, puis de l'ENA en 1975 (promotion Léon Blum). Elle en sort administratrice civile au ministère du Travail et des Affaires sociales, puis est détachée au Conseil d'État de 1980 à 1981. Suite à l'élection de François Mitterand en 1981, elle travaille dans les cabinets ministériels de Jean Auroux et de Pierre Bérégovoy, ministres du Travail et des Affaires sociales.
Le 15 mai 1991, elle est nommée ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle par Édith Cresson, et reconduite à ce poste dans le gouvernement Pierre Bérégovoy jusque mars 1993. En 2001 elle est élue maire de Lille et finalement Première secrétaire du PS en 2008. Après la cuisante défaite des élections européennes, Martine Aubry doit refonder un parti en plein délitement. Les élections régionales, puis cantonales lui permettront d'imprimer sa marque sur le parti. Avant de se lancer à la conquête de l'Élysée mardi 28 juin. Avec peut-être comme objectif de faire oublier ce surnom de « dame des 35 heures. »
Martine Aubry est une femme intelligente, de tête, déterminée, qui a su rassembler le PS (c'est pas peu dire face à l'ampleur de la tâche) et qui a présenté une réelle stature de femme d'état. Elle a aussi montré une grande dose d'ethique lors de l'affaire Georges Frêche, préférant perdre une élection que de perdre son âme. Il ne me semble pas dévorée par l'ambition bien qu'elle sache précisément ce qu'elle veut. Il lui manque une expérience internationale certes mais elle est appuyée par de nombreux "éléphants" de PS (Fabius, Hamon, Bartolone, les Strauss-Kahnien Cambadélis, Harlem Désir, Delanoé,...). Elle applique le théorême de F. Mitterrand de "prendre le parti par la gauche" mais en plus, elle s'allie l'aile la plus à droite avec les Strauss-Kahniens. Reste son déficit de charisme et son peu de goût à avoir des débats, mener des joutes oratoires, bref, faire campagne (un peu un héritage de papa...).
Face à elle, pour les primaires, après l'élimination de Strauss-Kahn, 2 candidats d'importance : François Hollande et Marie-Ségolène Royal (c'est son prénom de baptême qu'elle semble vouloir nier). Reste que la candidature officielle de Martine Aubry a changé quelque chose pour les 2 autres candidats qui se sont sentis obligés de refaire acte de candidature. Force est donc de constater que le point central de la primaire socialiste tourne autour de Martine Aubry...
François Hollande est le fils de Nicole Tribert, assistante sociale, et du docteur Georges Hollande, médecin ORL favorable à l'Algérie française.
Il passe son enfance à Bois-Guillaume, ville résidentielle sur les hauteurs de Rouen, où il est élève au Pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle de Rouen. Puis à Neuilly-sur-Seine, où il est élève au Lycée Pasteur. Il est licencié en droit de la Faculté de Paris, diplômé de HEC Paris, de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'École nationale d'administration (ENA), dont il sort 7e (promotion Voltaire).
À la fin des années 1970, il rencontre Marie-Ségolène Royal lors d'une soirée de l'ENA. Vivant en concubinage, le couple Royal-Hollande a eu quatre enfants. Leur séparation est officialisée au soir du second tour des élections législatives de 2007. Depuis, sa compagne est la journaliste Valérie Trierweiler.
François Hollande bénéficie d'avoir commencé sa campagne pour les primaires très tôt. Il a pu constituer un petit matelas de voix. Il bénéficie aussi des appuis des fédérations de PS, de Moscovici (et de Chirac qui préfère tout sauf Sarkozy) ayant dirigé le parti pendant 10 ans. En revanche, son handicap est de n'avoir exercé aucun poste ministériel. Mais il est un formidable débatteur et adore les joutes oratoires. Il est doué, affable et plein d'humour.
Face aux 2 derniers premiers secrétaires du PS, forts d'avoir tenu l'appareil du parti et qui se seraient sans aucun doute battus dans un duel si le dernier mot en était revenu aux membres de parti, il y a l'atytipque Marie-Ségolène Royal.
Marie-Ségolène Royal est la fille de Jacques Royal (1920 – 1981), lieutenant-colonel d'artillerie de marine, adjoint au maire de Chamagne (Vosges), chevalier de la Légion d'honneur, lui-même fils du général de brigade Florian Royal (1891 – 1975), polytechnicien (X 1912), officier de la Légion d'honneur, et d'Hélène Dehaye. Le couple eut huit enfants en neuf ans : Marie-Odette, Marie-Nicole, Gérard (lieutenant-colonel à la DGSE et protagoniste de l'affaire du Rainbow Warrior), Marie-Ségolène, Antoine, Paul, Henry et Sigisbert. Le général Benoît Royal, cousin de Ségolène Royal, est sous-directeur chargé du recrutement à la Direction des ressources humaines de l'armée de terre et a été auteur d'un livre sur l'Éthique du soldat français en 2008. Anne-Christine Royal, sa cousine germaine, est membre du comité central du Front national.
Sa famille habite en Martinique pendant trois ans en raison d'une autre affectation militaire de son père en 1960. Elle est alors élève du pensionnat Saint-Joseph de Cluny à Fort-de-France. À son retour en métropole, la famille Royal s'installe dans le village de Chamagne, près d'Épinal, dont elle est originaire.
Réputée élève studieuse, elle souhaite d'après L'Étudiant échapper au « rôle d'épouse modèle vouée aux tâches ménagères » auquel on la destine, grâce à l'école. Sa mère, ne supportant plus l'autorité de son mari sur elle et ses enfants, menace un jour de partir. Pour l'effrayer, son mari décide alors d'envoyer un huissier qui lui apporte une demande de divorce. Se sentant humiliée, elle décide de quitter le domicile familial. Les enfants du couple prennent parti pour leur mère et rompent tout contact avec leur père ; Marie-Ségolène Royal dira de celui-ci : « Mon père m'a toujours fait sentir que nous étions, mes sœurs et moi, des êtres inférieurs ». Pour survivre, sa mère effectue des ménages, avant de recevoir un héritage de ses parents.
En 1972, à 19 ans, Marie-Ségolène Royal découvre le droit et aurait assigné, au côté de sa mère, son père en justice car il aurait refusé de verser une pension alimentaire et de financer les études de ses enfants. Après de nombreuses années, elle aurait obtenu gain de cause. Dans l'émission Face aux Français… conversations inédites diffusée le 26 janvier 2011, elle dément cette information et la qualifie de « légende ».
Elle effectue ses études primaires et secondaires à Charmes (Vosges) puis intègre le lycée privé Saint-Joseph d'Épinal en 1968 et obtient le baccalauréat B, en sciences économiques. Elle est jeune fille au pair à Dublin (Irlande) pendant l'été 1971. Après une licence de sciences économiques à l'université Nancy II, elle est diplômée de Sciences Po en 1978.
Elle intègre ensuite l'École nationale d'administration, promotion Voltaire. Pendant sa scolarité, elle fait un stage en Martinique en 1978. Elle en sort en 1980 (95e de sa promotion), et choisit un poste de juge au tribunal administratif de Paris. En 1994, elle devient avocat au barreau de Paris par le jeu des équivalences de diplôme tout en siégeant à l'Assemblée nationale et au conseil général des Deux-Sèvres, et entre au cabinet Teitgen.
Ambitieuse et qui ne doute de rien avec un culot monstrueux, elle est déjà en marge du parti. Capable du meilleur comme du pire, d'éclairs de génies politiques ou de bourdes énormes, on lui pardonne tout. Tout ou presque parce qu'elle parait "sentir la politique" et fait ce qu'il faut pour être en phase avec les gens (son site désirs d'avenirs est pour elle une formidanle source de renseignements pour coller aux désirs du peuple). Marie-Ségolène est une travailleuse mais elle a ce petit quelque chose de plus qu'on appelle le charisme qui fait que quand une fédération du PS invite un éléphant, la salle est entre la moitié et les trois-quarts remplies et qu'avec Royal elle est toujours comble.
L'appareil aurait sans doute choisi entre Martine et François. Mais cette fois, c'est tout le peuple de gauche qui se prononcera sur le choix du candidat qui devra représenter le PS. Et là, Marie-Ségolène peut totalement créer la surprise tellement elle peut être capable de tout.

