Vous avez sans doute du entendre dire que les planches sont les travaux que présentent les francs-maçons à leurs frères de Loge. Vous entendrez sans doute parler de planche philosophique ou de planche symbolique. Je m’inscris en faux et refuse ce distinguo. Si une planche dite philosophique était un traité de philo nous aurions intérêt à aller dans un café philo rencontrer un philosophe qui nous en apprendrait sans doute plus. Quant aux planches dites symboliques, de grands spécialistes maçons en ont fait l’exégèse dans des livres ; il me semble inutile de les copier ou de vouloir faire mieux. Les Francs-Maçons seraient-ils des philosophes ou des symbolistes pour autant ? Deviendraient-ils de grands spécialistes parce qu’ils « planchent » et utilisent parfois des mots pompeux et abscons. Non les Francs-Maçons ne sont rien de tout cela ; ni des philosophes ni des symbolistes.
Une planche n’est pas une dissertation sur un sujet donné. Lors de sa présentation, elle ne se veut pas parfaite mais bien au contraire comme reflétant le moi le plus profond et personnel de celui qui la présente.
Alors qu’est ce que c’est qu’une planche ?
C’est d’abord un travail sur un sujet donné ou choisit quel qu’il soit. Mais pas n’importe quel travail ; un travail sur ce sujet certes mais en se servant des outils et symboles qui sont offerts aux Francs-Maçons au rite qu’ils pratiquent dans leur Loge. Par exemple pour exprimer la mesure, ils vont se servir du pavé mosaïque. Les outils et symboles leur servent à analyser leur travail, à trouver des solutions qu’ils proposent à leurs frères. Mais ce travail ne peut réellement être effectué que par un travail d’introspection et d’intérioriser les symboles du rite pratiqué.
Une planche c’est un savant mélange de soi-même, de symbolisme (pas pour le symbolisme en lui-même mais pour aider à traiter du sujet donné) et du sujet que l’on traite. Mais la planche ne s’arrête pas à tracer ou écrire cette fameuse planche. On doit aussi ternir compte que ce travail est destiné à être lu et que les Frères de la Loge la reçoivent par oral.
Et puis une planche ne se limite pas à sa présentation aux frères de sa Loge. Après sa présentation, les frères nous renvoient sur ce qu’ils ont compris de qui vient de leur être présenté. Par leurs interventions, leurs questionnements, ils enrichissent le travail présenté que chacun croyait sans doute abouti. Une planche n’est pas l’addition d’opinions plurielles, elle est une fulgurance entre la vision du conférencier et des frères de la Loge.
Les planches ne sont pas longues. L’attention de l’être humain, y compris des francs-maçons, surtout le soir, malgré tout l’intérêt du sujet traité, dépasse rarement la demi-heure. C’est une contrainte que chacun doit prendre en compte. Rares sont les planches qui peuvent se prolonger. Une fois, j’ai traité de l’initiation maçonnique à travers l’opéra de Mozart « La Flûte Enchantée ». Je ne pouvais pas traité un sujet aussi vaste en moins d’une heure et quart. Par l’illustration de croquis, de tableaux, de vidéos musicales de l’opéra, je suis parvenu à retenir l’attention de mes frères. Et nous avons eu des échanges pendant une demi-heure après la présentation. Mais ce fut bien la seule fois pour un sujet bien particulier qui présentait l’intérêt de pouvoir distraire les frères pendant les vidéos.
Les planches, s’il y en a une ou deux de présentées à chaque tenues, n’engagent pas chaque frère à en présenter souvent. Cela revient à une planche par an à peu près. Plus les planches dites d’élévation quand on doit passer compagnon et maître dont les sujets sont souvent imposés et qui doivent démontrés de la maîtrise du degré précédent.