Oui, elle est vraiment magique, cette « Flûte Enchantée », et magique à plus d'un titre :
− D’abord dans l’intégibilité des textes même chantés (ce qui est rare pour un Opéra)
− dans sa musique, souvent hors de l'espace et du temps (comme l’est notre rituel),
− dans les intentions de son créateur et de tous les artistes qu'elle a inspiré,
− enfin, dans le message que chacun peut comprendre qu'elle lui apporte.
On peut bien naturellement voir dans l'action et les personnages de la Flûte enchantée un antagonisme entre deux conceptions extérieures : le Bien et le Mal, L'homme et la femme, le monde ordinaire et les idéaux d'un univers maçonnique, etc, etc,...
Je suis intimement persuadé que Mozart a souhaité donner un message au monde, c’est ce que je vous propose de décoder ensemble au travers de cette planche.
Par la profondeur des thèmes évoqués, la « Flûte enchantée » nous relie aux grands récits initiatiques du combat intérieur qui conduit le chercheur de vérité à la vie spirituelle.
Entre les portes de la vie et de la mort, nous pourrons, certes, vivre sans nous poser un seul instant les questions fondamentales : Qui suis-je ? D'où viens-je ? Où vais-je ? (les questions du testament philosophique lors de notre épreuve de la Terre).
Mais si nous posons le pied sur le sentier d'une recherche spirituelle, c'est alors que les premières interrogations apparaissent : qu'est-ce que la véritable vie, qu'y a-t-il après la mort, pourquoi des religions s'opposent-elles, etc...?
Ainsi, sans aucun doute, Mozart, étant donné le soin qu'il a pris à composer la « Flûte Enchantée » et l'intérêt qu'il y a porté jusqu'à sa mort, nous a transmis un message.
Je le comprends ainsi :
- Chacun des aspects de notre réalité microcosmique peut être symbolisé par un personnage de « La Flûte ». Leurs noms n'ont d'ailleurs pas été choisis au hasard. Tamino et Pamina signifient : « homme et femme consacrés au dieu égyptien Min ». Papageno dérive du mot perroquet (celui qui répète sans se poser de questions, celui qui ne vise qu'à reproduire les actes de la vie naturelle). Sarastro évoque en nous le nom de Zoroastre l'initié. Monostatos semble être la contraction de « mono » (un) et de « statos » (statique, celui qui n'évolue pas...)
- Chaque phase du chemin peut être vue, comme un épisode de l'aventure qui sera la notre, si nous entamons une recherche spirituelle. Car tous ses aspects sont souvent mal compris et il faut sans cesse l'expliquer.
Chercheurs de vérité, nous sommes donc Tamino qui pénètre dans ce paysage chaotique, sauvage, non entretenu du domaine de la Reine de la nuit.
C'est notre monde, avec toutes ses contradictions, ses luttes et ses échecs, son absence totale d'harmonie.
Nous sommes sans armes, attaqués par un serpent qui symbolise notre instinct vital le plus aveugle et contre lequel nous sommes impuissants (Tamino possède un arc sans flèche).
Et nous crions alors : « au secours ! » comme Tamino.
Acte 1 scène 1 :
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Tamino, revêtu d’un splendide habit de chasse japonais, descend d’un rocher à droite, il tient un arc mais n’a pas de flèche ; un serpent le poursuit. Ensuite les 3 Dames.
Tamino :
A l’aide ! A l’aide ! Sinon je suis perdu, je vais être la proie du serpent maléfique. Dieux miséricordieux ! Le voilà qui s’approche ! Ah sauvez-moi ! Ah protégez-moi !
Il nous faut impérativement dépasser les barrières élémentaires de la vie ordinaire pour accéder à la conscience d'un travail initiatique à accomplir.
Le serpent de l'habitude, le serpent des instincts jusqu'ici assouvis, le serpent de la tentation à se laisser aller, dans le courant de ce monde nous poursuit continuellement.
Comment y résister sans s'abandonner totalement à d'autres forces, sans « s'évanouir » symboliquement au monde des illusions. Ici, l’évanouissement de Tamino symbolise le début de la préparation de celui-ci à sa future initiation.
Ces forces sont représentées par Mozart sous les traits de trois Dames qui apparaissent toujours voilées.
Elles s'annoncent comme étant les messagères de la Reine de la Nuit, ceci pour bien nous montrer que notre personnalité, qui appartient à ce monde, possède les trois pouvoirs naturels nécessaires pour quitter le royaume des ombres :
− la force d'aspiration de notre coeur à renverser le cours établi des choses,
− la puissance de la compréhension qui émane de notre tête
− enfin la volonté d'agir qui nous pousse à l'aventure spirituelle.
Les trois dames apparaissent voilées car nos pouvoirs naturels sont également voilés aux yeux du monde qui n'attend de nous qu'un comportement conventionnel, « naturel ».
Après avoir vaincu le serpent, les trois dames jouent alors une étrange comédie de la séduction vis à vis de Tamino : elles le veulent, possessivement, chacune pour elle-même.
Acte 1 Scène 1
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1ère Dame :
Un jeune homme charmant, doux et beau.
2ème Dame :
D’une telle beauté, je n’en ai jamais vu.
3ème Dame :
Oui, oui, c’est sûr, il est à peindre.
3 Dames :
Si mon cœur devait être voué à l’amour, je le donnerais à ce jeune homme
Et là aussi, devant cet univers nouveau qui s'ouvre à nous, trois orientations nous sont offertes comme trois tentations :
− le mysticisme qui conduit souvent à une religiosité aveugle,
− l'occultisme qui pousse à une recherche spéculative,
− la tentation du pouvoir avec tous ses excès.
Mais le danger s'éloigne et Tamino est réveillé par le babillage d'un nouveau personnage : Papageno qui symbolisera, l'aspect naturel de notre être.
Acte 1 Scène 2
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Papageno descend par un sentier, il porte sur le dos une grande cage qui dépasse largement le haut de sa tête et où se trouvent des oiseaux divers ; de plus, il tient des 2 mains une flûte de pan, il en joue et chante.
Papageno :
Je suis l’oiseleur, me voilà, toujours joyeux, hop là, tralala ! Moi, l’oiseleur, je suis connu des jeunes et des vieux, en tous lieux. Je sais m’y prendre pour attirer et m’y entends aussi pour siffler. Aussi je puis être gai et joyeux, car tous les oiseaux sont à moi. (Il joue)
Je suis l’oiseleur, me voilà, toujours joyeux, hop là, tralala ! Moi, l’oiseleur, je suis connu des jeunes et des vieux, en tous lieux. Je voudrais un filet pour demoiselles. J’en attraperais à la douzaine ; puis je les enfermerais chez moi, et toutes les filles seraient à moi. (Il joue)
Il y a en tout candidat à la libération de l'âme, un Tamino et un Papageno.
Mais il y a plus encore car le candidat aux mystères, ne réduit pas sa manifestation terrestre à la seule existence de sa personnalité.
Il sait qu'il est l'hôte animateur d'un petit monde, d'un « microcosme » comme on pourrait l’appeler.
Celui-ci abrite en son centre l'idée divine, l’Amour, symbolisée par Pamina.
C’est Monostatos qui retient notre âme prisonnière dans la vie et les passions, en utilisant toute la puissance du corps émotionnel de la personnalité. Monostatos veut Pamina lui aussi mais pour en jouir à des fins naturelles et non pas lui rendre la possibilité d'exprimer les lois de l'Ordre de l'Esprit.
Monostatos camoufle toujours ses actes les plus inavouables, sous des apparences trompeuses.
Ainsi, il a persuadé Pamina qu'elle était prisonnière de Sarastro. Or c'est faux !
Pamina appartient au monde de la Lumière, c'est à dire au royaume de Sarastro, mais n'en est en aucun cas prisonnière. Pour l'instant, elle n'en a pas conscience. Et la Reine de la Nuit le sait bien elle aussi. Sa propre version qu'elle fait à Tamino, du soi-disant enlèvement de Pamina par Sarastro, sonne parfaitement faux. L'outrance et la haine apparaissent tout au long du récit. La musique le souligne. C’est maintenant que la vérité sur Sarastro et la Reine de la Nuit nous est révélée.
Acte 1 Scène 6
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La Reine est assise sur un trône orné d’étoiles brillantes. Les Mêmes.
La Reine de la Nuit :
Récitatif :
Oh, ne tremble pas, mon cher fils ! Tu es innocent, sage, pieux ; c’est un jeune homme comme toi qui peut le mieux consoler le profond chagrin de mon cœur maternel.
Air
Je suis condamnée à la souffrance, car ma fille me manque ; avec elle, j’ai perdu tout mon bonheur, un scélérat me l’a enlevée. Je la revois trembler, bouleversée de peur, frémir d’angoisse, se débattre sans audace. Sous mes yeux, elle me fut ravie, Ah, au secours ! c’est tout ce qu’elle m’a dit. Mais ses supplications furent vaines, car mon pouvoir était trop faible. Toi, tu iras la délivrer, tu seras son sauveur, si je te vois encore vainqueur, elle sera à toi pour l’éternité.
(Elle sort avec les 3 Dames. Le décors est à nouveau le même qu’au premier tableau)
La Reine de la Nuit a compris que Tamino est tombé amoureux de sa fille et elle va le lancer dans une quête dont elle espère que sa fille lui sera rendue et qu’elle prendra possession du « soleil aux sept auréoles ».
Il en va de même du chercheur de vérité qui est touché par un immense désir d'absolu.
Le monde essaiera toujours de « récupérer » cette force d'amour à des fins ordinaires.
Cependant, les trois dames réapparaissent bien vite, d'abord pour délivrer Papageno.
Acte 1 Scène 8 (6 sec)
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Les 3 Dames, Papageno, Tamino.
1ère Dame (à Papageno)
La reine te fait grâce.
(Elle lui ôte le cadenas qu’il avait sur la bouche.)
Par moi, elle te remet ta peine.
Car pendant toute cette phase préparatoire à l'initiation, il fallait que le naturel se taise, d'où le cadenas sur la bouche de Papageno, et que le chercheur agisse « en vérité », d'où cette recommandation faite à Papageno de ne plus jamais mentir.
Et maintenant, c'est avec toutes les ressources de sa personnalité naturelle donc, en compagnie de Papageno, que celui qui se lance sur un chemin d'accomplissement spirituel, Tamino, pourra réussir.
Papageno et Tamino sont indissolublement liés, chacun d'eux reçoit un instrument magique.
Une flûte pour Tamino et des clochettes pour Papageno. La Flûte « magique » permettra à Tamino de recevoir l'aide divine. Car elle a été fabriquée par le père de Pamina, Maître du domaine de l'Esprit. Cette précision, nous confirme l'origine divine de Pamina. Pamina, c'est la parcelle du divin, prisonnière de la personnalité et qui, jusqu'à sa rencontre avec Sarastro croît même appartenir à ce monde de la chute, être la fille de la Reine de la nuit. Et Tamino usera quatre fois de sa flûte :
− d'abord pour appeler Pamina, mais il ne recevra pas de réponse, pas plus que le candidat aux mystères ne peut y pénétrer par un effet de sa volonté.
− Ensuite pour manifester sa joie, et se rendre compte que le son de cet instrument « charme » les « hommes-sauvages » (selon une précision du livret et que les metteurs en scène transgressent toujours en figurant des animaux charmés par la flûte de Tamino). Il est fait allusion ici à la puissance du souffle divin sur l'homme de la masse, l'homme « animal », c'est à dire « animé » par les seules forces de ce monde, et qui devient réceptif à « autre chose » que sa vie naturelle.
− Puis, après le début de son initiation, c'est à dire après avoir acquis quelques dons spirituels, lorsqu'il appelle à nouveau Pamina au second acte et que cette fois elle vient à lui, cette nouvelle âme-Esprit réveillée mais vis à vis de laquelle il doit encore demeurer silencieux.
− Enfin Tamino utilisera les pouvoirs de son instrument pour franchir le monde des enfers (les épreuves du feu et de l’eau)
Papageno, lui, reçoit des clochettes et chaque fois qu'il s'en servira, ce sera pour résoudre un problème lié à l'aspect naturel de la personnalité du chercheur qu'il symbolise :
− pour « apprivoiser » Monostatos au 1er acte et échapper à sa colère. Donc, lui imposer sa volonté qui pressentant sa défaite veut punir Pamina et Papageno.
− pour « appeler » sa Papagena, son double au féminin. Le chercheur, sur son chemin, ne doit pas faire appel qu'à ses possibilités martiennes naturelles (Papageno), sa volonté supérieure, mais aussi posséder des qualités de coeur symbolisées par l'aspect vénusien de Papagena, l'amour véritable.
Ainsi donc tout est prêt pour le grand voyage initiatique.
Tamino a pris conscience de sa mission.
Il a dans son coeur la flamme de l'amour qui le pousse, le désir de l'accomplissement divin.
Il possède le moyen de vaincre, grâce à la magie gnostique : la flûte enchantée, dont il ne sait pas encore se servir. Papageno, l'aspect naturel du candidat est naturellement du voyage. Il ne manque qu'une indication au chercheur débutant : Où aller ? Où est le domaine de l'Esprit ? Comment ne pas se perdre ?
Tamino ne peut se tourner vers ses pouvoirs naturels pour le guider : Dans l'opéra, les trois dames se voilent la face et disparaissent. Alors apparaissent, venant du ciel, trois enfants, qui symbolisent trois nouveaux pouvoirs en croissance.
Le grand voyage commence donc pour Tamino et Papageno guidés par les nouvelles forces qui les animent.
L'opéra nous montre maintenant Pamina échappant à la convoitise de Monostatos, qui la veut pour lui seul, en invoquant le nom de Sarastro.
Elle se réfugie dans un bois de palmiers, ce qui dans la langue des mystères, signifie arriver à la limite au-delà de laquelle le champ de la résurrection de l'âme-esprit, lui est ouvert.
La rencontre qui survient alors, permet à Papageno de préparer Pamina à l'arrivée du prince Tamino qui vient pour la délivrer.
Acte 1 Scène 14
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Papageno, Pamina.
Papageno :
Quel idiot je fais, de m’être laissé terroriser ! Il y a bien des oiseaux noirs sur terre, pourquoi pas aussi des hommes noirs ? Ah, voilà que la jolie demoiselle est encore là. Dis-moi, fille de la reine de la nuit…
Pamina :
Reine de la nuit ? Qui es-tu ?
Papageno :
Un messager de la reine flamboyante.
Pamina (avec joie) :
De ma mère ? Oh, quel bonheur ! Dis-moi ton nom !
Papageno :
Papageno
Pamina :
Papageno ? Papageno… Je me souviens avoir souvent entendu ce nom, mais toi, je ne t’ai jamais vu.
Papageno :
Ni moi non plu.
Pamina :
Ainsi tu connais ma bonne et tendre mère ?
Papageno :
Si tu es vraiment la fille de la reine de la nuit – oui !
Pamina :
Oh oui, c’est moi.
Papageno :
Je vais vérifier cela tout de suite. (Il regarde le portrait qui a d’abord été remis au prince et qu’il porte à présent pendu à un ruban autour du cou). Les yeux noirs – exact, noirs – les lèvres rouges – exact, rouges – cheveux blonds – cheveux blonds. Tout concorde, sauf les mains et les pieds. A en croire le portrait, tu ne devrais avoir ni mains, ni pieds, car là-dessus ils ne sont pas indiqués.
Pamina :
Tu me permets – Oui, c’est moi. Comment se fait-il qu’il soit entre tes mains ?
Papageno :
Ce serait trop long à te raconter. Il est passé de mains en mains.
Pamina :
Mais comment a-t-il abouti dans les tiennes ?
Papageno :
D’une manière miraculeuse. Je l’ai capturé.
Pamina :
Capturé ?
Papageno :
Il faut que je te raconte cela plus en détail. Ce matin, je me suis présenté, comme d’habitude, au palais de ta mère avec ma livraison…
Pamina :
Livraison ?
Papageno :
Oui. Depuis des années, c’est moi qui livre à ta mère et à ses dames tous les beaux oiseaux du plaisir. Juste comme je m’apprêtais à remettre mes oiseaux, j’ai vu devant moi un homme qui se fait appeler prince. Ce prince a su plaire à ta mère, au point qu’elle lui a fait cadeau de ton portrait et lui a commandé de te délivrer. Sa décision a été instantanée, tout comme son amour pour toi.
Pamina :
Amour ? (avec joie). Il m’aime donc ? Oh, dis-le moi encore une fois, j’aime tant entendre le mot amour.
C’est l'aspect naturel de la personnalité qui prend conscience en premier de la possibilité de renaissance endormi en nous.
Le récit nous montre ensuite Tamino arrivant, conduit par les trois enfants.
Changement de tableau
Le décor représente un bois sacré. Tout au fond de la scène, on aperçoit un beau temple sur lequel sont inscrits ces mots : « Temple de la Sagesse ». Ce Temple donne accès, par un péristyle, à 2 autres temples ; sur celui de droite, on lit : « Temple de la Raison » ; sur celui de gauche : « Temple de la nature ».
Acte 1 Scène 15 (20 sec)
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3 Enfants font entrer Tamino, chacun d’eux a une palme d’argent à la main.
Les 3 enfants :
Jeune homme, cette voie te mène au but, mais tu devras vaincre en homme. Ainsi écoute nos conseils : sois ferme, patient et discret.
Des conseils de comportement sont donnés à Tamino.
Tant il est vrai que le candidat aux mystères a besoin d'être exhorté fermement : « Sois un homme et tu vaincras en homme ».
Ces questions-réponses ressemblent à celles entre le Vénérable-Maître et l’impétrant au seuil de sa première entrée dans le Temple.
Le chemin de l'initiation passe obligatoirement par une véritable connaissance de soi.
Rappelons-nous ce qui était inscrit au fronton du temple de Delphes : « Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux ». Pour prendre cette décision, on ne peut être que seul.
Quel temple choisir, se demande Tamino ? Le temple de la Nature, celui de la Raison ou celui de la Sagesse ?
Mais pour lui, il n'est qu'une voie possible : celle du cœur.
Acte 1 Scène 15 (20 sec)
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Le Prêtre :
Téméraire étranger, où veux-tu aller ? Que cherches-tu dans ce sanctuaire ?
Tamino :
Je voudrais acquérir l’Amour et la Vertu.
Et notez bien qu'il ne répond pas « Pamina » !
C'est à cet endroit précis du récit que pour le spectateur non averti, l'histoire de l'opéra de Mozart « déraille ». On était confortablement installé dans une histoire naturelle d'amour et tout à coup le ton change, la musique change elle aussi de tonalité, elle se fait solennelle. On pénètre dans un récit d'une haute portée spirituelle. Les explications qui ont précédé nous ont préparé à suivre maintenant Tamino, l'aspect le plus noble du chercheur de vérité, sur la voie des mystères.
Dans le dialogue que Tamino engage avec l'Orateur, sur le seuil du temple de la Sagesse, une partie de la vérité lui est dévoilée.
Acte 1 Scène 15
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Le Prêtre :
Une femme t’a donc abusé, une femme agit peu, parle beaucoup. Et toi, jeune homme, tu crois à ces bavardages ? O puisse Sarastro t’exposer les mobiles.
Oui, Sarastro règne sur le monde de l'Esprit. Non, Sarastro n'a pas enlevé Pamina. Oui, la Reine de la Nuit a abusé Tamino.
Pourquoi ce mystère ? Impossible de le révéler à qui n'a pas apporté la preuve qu'il en est digne.
Désespoir du candidat aux mystères qui ne reçoit aucune assurance sur sa recherche.
Ici, on ne prononce pas le nom de Pamina mais on invoque la force qu'elle représente. Ainsi le candidat est maintenant introduit dans le mystère de l'âme-esprit. Pamina, l'âme-esprit, n'a été soustraite aux desseins du monde naturel que pour être protégée et attendre d'être délivrée par l'amour d'une personnalité qui se voue à sa recherche.
Et le chercheur qui invoque alors l'aide divine, reçoit une première réponse.
Tamino joue de sa flûte magique et Pamina court vers lui, toujours accompagnée de Papageno.
Acte 1 Scènes 16 et 17 après que Tamino ait appelé Pamina en jouant de la flûte.
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Papageno, Pamina délivrée de ses fers
Tous les 2 :
Y a-t-il plus grande joie ? Notre ami Tamino nous entend déjà ; le son de sa flûte est venu jusqu’ici. Quel bonheur si je le trouvais. Courons vite ! Courons vite !
Mais c'était sans compter avec l'ennemi intérieur de toujours, Monostatos, celui qui veut que rien ne change, qui va se saisir des deux fugitifs quand brusquement, il est neutralisé par le son des clochettes de Papageno, qui symbolisent l'harmonie.
Entre alors, Sarastro en cortège solennel. C'est là, sa première apparition.
Acte 1 Scène 18
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Cortège de la suite de Sarastro. Celui-ci paraît en dernier, sur un char tiré par 6 lions. Les mêmes.
Chœur :
Vive Sarastro ! Longue vie à Sarastro ! C’est lui que nous révérons avec joie ! Puisse toujours ce sage jouit de la vie, c’est notre dieu, nous lui sommes tous voués.
(Ce chœur est répété jusqu’à ce que Sarastro descende de son char.)
Pamina : (s’agenouillant)
Maître, je suis coupable, j'ai voulu fuir ta puissance. Mais la faute n'en est pas à moi. Le méchant Maure voulait m'imposer son amour. C'est pour cela, Maître, que je t'ai fui.
Sarastro :
Relève-toi, rassure-toi, chère enfant ! Car sans chercher à percer on secret, je sais lire en ton cœur : pour un autre, tu as un vif amour. Je ne veux pas te forcer à aimer, mais je ne te rends pas la liberté.
Pamina découvrira la supercherie et se jette, à la fin du premier acte, aux pieds de Sarastro. Non seulement il excuse la fuite de Pamina mais il lui révèle seulement maintenant, que c'est à dessein et pour son bien, qu'il la retient loin de sa mère.
Acte 1 Scène 18
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Sarastro :
Reste en mon pouvoir. Il t’en coûterait ton bonheur si je te laissais entre ses mains (de la Reine de la Nuit)
Tamino, conduit par Monostatos, se trouve pour la première fois en présence de Pamina.
Il y a « reconnaissance » mutuelle et un premier lien s'établit entre eux.
Acte 1 Scène 19
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Monostatos amène Tamino. Les mêmes
Monostatos :
Eh bien, fier jeune homme, viens ici, voici Sarastro notre seigneur.
Pamina :
C’est lui.
Tamino :
C’est elle.
Pamina :
C’est lui.
Tamino :
Ce n’est pas un rêve !
Sarastro punit le Maure Monostatos de 77 coups de bâtons.
En d'autres termes, on retrouve ici l'instant de la première liaison entre les deux centres de conscience :
− de la tête : jusqu'ici la recherche de Tamino était en effet encore très « théorique »,
− et du cœur, siège de l'âme-esprit en devenir.
Le temps des épreuves va maintenant commencer et Sarastro ordonne de voiler la tête des deux héros, Tamino et Papageno et de les conduire au Temple. Là encore, il y a une allusion au rituel maçonnique quand les impétrants pénètrent dans le temple les yeux bandés.
FIN DU PREMIER ACTE
Le décor du second acte de la « Flûte Enchantée » représente une palmeraie : nous sommes donc à l'orée du champ de la résurrection de l'âme-esprit.
La tradition ésotérique symbolise toujours par des arbres feuillus les domaines de la félicité éternelle, et mieux ici, les palmes sont d'or, pour bien marquer que ces domaines sont ceux de l'Esprit universel.
Dix-huit sièges sont disposés, chacun surmonté d'une pyramide et d'un cor.
Le nombre 18, c'est 1 + 8 = 9, le nombre de l'homme : les trois centres triplement renouvelés par le 3 x 3 ! Nous sommes à cet instant au coeur du mystère qui va se dérouler ici.
L'action débute par la marche solennelle des prêtres, serviteurs d'Isis et d'Osiris. Suit alors une délibération des frères initiés et Sarastro, qui connaît les mystères va nous donner maintenant la clef de l'opéra : Tamino, s'il triomphe des épreuves initiatiques, sera uni à Pamina et tous deux régneront et protégeront le Temple de la sagesse.
On ne peut s'empêcher de voir ici dévoilé, le but sublime assigné par Le Grand Architecte de L’Univers à chaque homme : réaliser en lui les « Noces Alchimiques », vouer totalement la personnalité à l'âme-esprit, et avoir ainsi part à la sagesse qui procède de l'Esprit-Saint.
La scène représente une palmeraie. Tous les arbres sont argentés et les palmes sont d’or. On aperçoit 18 sièges couverts de palmes. Chaque siège est surmonté d’une pyramide et d’un grand cor noir serti d’or. Au centre se trouve la pyramide la plus haute, ainsi que les arbres les plus élevés.
Acte 2 Scène 1 (2 min 54 sec)
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Sarastro et d’autres prêtes s’avancent à pas solennels en tenant chacun une palme à la main. Une marche, jouée par les instruments à vent par les instruments à vent, accompagne le cortège.
Sarastro, l’officiant, des prêtres.
Sarastro : (après un silence)
O vous, serviteurs des grands Dieux Isis et Osiris, qui avez été initiés dans le temple de la Sagesse ! je vous annonce d’une âme pure que notre assemblée d’aujourd’hui est l’une des plus importantes de notre temps. Tamino, fils de roi et âgé de 20 ans, erre devant la porte nord de notre Temple et soupire pour un objet dont le conquête est pour nous source de peine et d’effort. En un mot, ce jeune homme veut déchirer les ténèbres qui voilent son regard, pour apercevoir en ce sanctuaire la lumière suprême. Veillez sur cet homme de valeur, lui prêter amicalement la main, telle sera aujourd’hui l’une de nos tâches essentielles.
Le 1er Prêtre : (se lève)
Il a de la valeur ?
Sarastro :
De la valeur.
Le 2ème Prêtre :
Et aussi de la discrétion ?
Sarastro :
De la discrétion.
Le 3ème Prêtre :
Est-il généreux ?
Sarastro :
Généreux ! Si vous le jugez digne, suivez mon exemple.
(Ils soufflent 3 fois dans les cors)
Touché par votre assentiment unanime, Sarastro vous remercie au nom de l’humanité. Puissent les préjugés ne pas exercer leurs méfaits sur les initiés que nous sommes, la sagesse et la raison les détruiront comme une toile d’araignée. Ils n’ébranleront jamais les colonnes de notre Temple. Cependant, nous ferons en sorte que les préjugés malveillants disparaissent, dès que Tamino possédera notre Art difficile. Les Dieux ont destiné Pamina, la douce et vertueuse jeune fille à ce noble jeune homme ; c’est la raison pour laquelle je l’ai enlevée à son arrogante mère. Cette femme s’imagine avoir de la grandeur, elle espère séduire le peuple par l’illusion et la superstition et détruire le solide édifice de notre temple. Mais elle ne saurait y parvenir. Tamino, le noble jeune homme nous aidera lui-même à le consolider et par son initiation, la valeur sera récompensée et le vice châtié.
(Tous répètent le triple accord joué par les cors).
Tamino, jugé digne de l'initiation, va maintenant courir de grands dangers et il est vrai qu’il doit purifier son coeur. Le fait que Sarastro demande aux prêtres de tenir la main à Tamino illustre bien les rôles de l’Expert et du Maître des Cérémonies pendant les voyages de l’impétrant. Notons qu’il y a 3 prêtres qui posent des questions à Sarastro, symbolisant ainsi les 3 attaches subit pas le néophyte.
Sa tête d'abord et c'est pourquoi Tamino est laissé seul (avec Papageno cependant) dans une obscurité qui doit lui rappeler la nuit de l'ignorance dans laquelle il est encore. Il s’agit bien ici de l’épreuve de la Terre, symbolisée en Franc-Maçonnerie par le cabinet de réflexions.
Changement de tableau : Il fait nuit. Le tonnerre gronde au loin. La scène représente une petite cour devant le temple, on aperçoit des vestiges de colonnes et de pyramides, ainsi que quelques buissons épineux. De chaque côté s’ouvrent de hautes portes dans le style de l’ancienne Egypte, évoquant plutôt des bâtiments latéraux.
Acte 2 Scène 2
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Tamino et Papageno sont introduits par l’officiant et le 2ème prêtre. Ceux-ci ôtent leur voile. Puis les prêtres sortent.
Tamino :
Quelle horrible nuit ! Papageno, es-tu encore à mes côtés ?
Papageno :
Oui, bien sûr !
Tamino :
Où crois-tu que nous nous trouvions à présent ?
Papageno :
Où ? Ah, s’il ne faisait pas si sombre, je te le dirai bien, mais là… (coup de tonnerre) Oh, malheur !
Alors Tamino, toujours accompagné de Papageno, est introduit pendant la première épreuve dans un commandement et non pas dans une épreuve : celui du silence, que connaît tout apprenti sur sa colonne du septentrion dans les temples maçonniques.
Acte 2 Scène 3
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Les mêmes. L’officiant et le 2ème Prêtre, des torches à la main.
Le 2ème Prêtre :
Tu peux la voir, mais il t’est interdit de lui dire un seul mot avant que le délai soit écoulé. Auras-t u l’esprit assez ferme pour tenir ta langue ?
Papageno :
Oh, oui.
Le 2ème Prêtre :
Ta main ! Tu vas la voir.
L’officiant :
A toi aussi, Prince, les dieux t’imposent un silence salutaire ; sans quoi vous êtes perdus tous les 2. Tu verras Pamina, mais à aucun moment tu n’auras le droit de lui parler. Voici venu le moment de vos épreuves.
La réflexion de Papageno est significative.
Acte 2 Scène 4
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Tamino, Papageno.
Papageno :
Holà ! De la lumière ! C'est tout de même étrange, chaque fois que ces messieurs nous quittent, on a beau écarquiller les yeux, on n'y voit rien !
Il est possible de comprendre ceci comme une allusion au rôle important, des Écoles des Mystères, représentée ici par le collège des prêtres.
L’Être relié à une source spirituelle, est assimilé ici à l'idée d'être exposé à la Lumière.
Mais dans cette première épreuve de la reconnaissance des mystères, les tentations sont nombreuses.
Elles sont symbolisées dans la « Flûte » par les trois dames qui réapparaissent et tentent de détourner Tamino et Papageno de leur mission. Mais elles échouent et sont chassées par les prêtres.
Acte 2 Scène 5
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Les mêmes. Les 3 Dames (sortant par une trappe)
Les 3 Dames :
Quoi ? Quoi ? Quoi ? Vous en ce sinistre endroit ? Jamais, jamais vous n’en échapperez ! Tamino, ta mort est jurée ! Toi, Papageno, tu es perdu !
Puis à la fin de la scène :
Les 3 Dames :
Il nous faut les quitter humiliées, aucun d’eux ne parlera c’est sûr ! Un homme a l’esprit résolu, il réfléchit avant de parler.
Tamino et Papageno :
Il nous faut nous quitter humiliées, aucun de nous ne parlera c’est sûr ! Un homme a l’esprit résolu, il réfléchit avant de parler.
(Les Dames s’apprêtent à s’en aller. Les initiés s’écrient en coulisse :)
Des prêtres :
Le seuil sacré est profané ! Femmes, descendez en enfer !
(Tonnerre, éclairs et foudre, 2 violents coups de tonnerre en même temps).
Les 3 Dames :
Oh, malheur ! Malheur ! Malheur !
(Elles disparaissent par la trappe)
Papageno : (tombe à terre)
Oh, malheur ! Malheur ! Malheur !
(Puis retenti le triple accord)
Entre-temps la puissance de Monostatos, aura essayée de corrompre Pamina. Il est interrompu par la Reine de la nuit qui a fomenté le projet de récupérer « le soleil aux sept auréoles » dont Sarastro est le gardien depuis la mort du père de Pamina.
Acte 2 Scène 8 (8 sec)
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La Reine :
Arrière !
Pamina : (s’éveillant)
O Dieux !
Monostatos : (reculant d’un bond)
Malheur ! C’est, si je ne me trompe, la reine de la Nuit ;
(il reste complètement immobile)
Pamina :
Mère ! Mère ! Ma mère ! (elle se jette dans ses bras)
Monostatos :
Sa mère ? Hum ! Il faut écouter cela, mais de loin !
(il sort furtivement)
La Reine brûle du désir de posséder l'Esprit-Saint septuple elle aussi.
Et il est vrai que le monde brûle d'un désir de perfection naturelle, d'une soif d'idéalité.
L'Enseignement Universel nous répète pourtant constamment que cet « ici-bas » est le monde de la dualité, des antagonismes, du chaud et du froid, de l'amour naturel et de la haine, du bien et du mal, bref, du pavé mosaïque de la maçonnerie.
Notre monde est, et restera toujours étranger au monde de l'Esprit. La Reine de la nuit sait bien cela et cet état lui inspire de la vengeance. Elle ordonne à Pamina de tuer Sarastro et de lui dérober ce fameux cercle solaire aux étranges pouvoirs qu'elle convoite dans une musique bien connue inspirant sa folie.
Acte 2 Scène 8
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La Reine :
Mon cœur est tout brûlant de vengeance infernale, la mort et le désespoir lancent leurs flammes autour de moi ! Si tu n’infliges pas à Sarastro les affres de la mort, alors tu ne seras plus ma fille. Sois bannie à jamais, abandonnée à jamais, que soient brisés pour toujours tous les liens de la nature, si Sarastro ne succombe pas par ta main ! Ecoutez, dieux vengeurs ! Ecoutez le serment d’une mère !
(Elle disparaît)
Ce sera évidemment chose impossible pour Pamina que de commettre un meurtre aussi horrible car elle est du royaume où règne l'Esprit-Saint septuple. D'où son désespoir car elle espérait tout, de Tamino, le soi supérieur qui devait se consacrer à lui redonner ses pouvoirs de reconstruction. Son désespoir est exploité par Monostatos qui, à son tour, se livre à un odieux chantage et menace de la dénoncer à Sarastro. Mais ce dernier, serviteur de la Fraternité, veillait. Il a tout compris et le chasse à son tour, tout en révélant à Pamina le projet que la fraternité a formé pour elle et Tamino (si celui-ci parcourt victorieusement le chemin de l'initiation) : les Noces alchimiques du corps et de l'Esprit.
Acte 2 Scènes 11 et 12
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Pamina, Monostatos, Sarastro
Monostatos : (à Pamina)
Alors meurs !
(Sarastro se précipite pour le retenir)
Monostatos :
Seigneur, mon action n’est pas condamnable, je suis innocent ! On a juré ta mort, c’est pourquoi je voulais te venger.
Sarastro :
Je ne le sais que trop et je n’ignore pas que ton âme est aussi noire que ton visage. Aussi punirais-je avec la plus grande sévérité ce noir dessein, si une femme malfaisante, ayant il est vrai une excellente fille, n’avait forgé le poignard du crime. C’est la malveillance de cette femme qui te permets d’en échapper sans châtiment. Va t’en !
Monostatos : (s’en allant)
Puisque la fille n’est pas pour moi, je vais aller trouver la mère. (Il sort)
Pamina :
Seigneur, ne châtie pas ma mère ; la douleur que lui cause mon absence…
Sarastro :
Je sais tout. Je sais qu’elle erre dans les galeries souterraines du temple et qu’elle mijote sa vengeance contre moi et contre l’humanité. Mais tu vas voir comment je me venge de ta mère. Que le ciel accorde seulement au noble jeune homme du courage et de la persévérance dans son projet, alors t useras heureuse avec lui et ta mère, confondue, n’aura plus qu’à retourner dans son château.
Après la purification du mental se présente maintenant au candidat aux mystères, la phase de l'initiation qui concerne l'émotionnel de l'homme et qui se passe au niveau du foyer du coeur.
Apaiser son corps émotionnel, c'est entrer dans le silence et le respecter.
C'est exactement ce qui est demandé à Tamino, dont le travail est constamment perturbé par le comportement futile de Papageno qui jacasse avec une créature. Et pourtant Tamino pour respecter ses vœux, ira même jusqu'à feindre d'ignorer Pamina qui apparaît devant lui, au grand désespoir de cette dernière.
Ceci montre que sur le chemin, le candidat doit être silencieux, même devant une première manifestation de son âme en devenir, tant qu'il n'a pas été ennobli à travailler avec elle.
Papageno est présenté à sa future Papagena encore déguisée en vieille femme.
Acte 2 Scène 15
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(Une vieille femme et laide surgit d’une trappe, portant sur un plateau un grand gobelet rempli d’eau avec Tamino, Papageno)
Papageno :
Hahaha ! Eh bien, mon jeune ange ! As-tu aussi un amoureux ?
La femme :
Oh oui, bien sûr !
Papageno :
Et il est aussi jeune que toi ?
La femme :
Pas tout à fait, il a 10 ans de plus.
Papageno :
10 ans de plus que toi ? Quel amour fou cela doit être ! Comment s’appelle donc ton galant ?
La femme :
Papageno.
Papageno : (effrayé, après un silence)
Papageno ! – Où est-il donc ce Papageno ?
La femme :
Il est assis là , mon ange.
Papageno :
Moi, je serais ton amoureux ?
La femme :
Oui mon ange !
Pamina est attirée par le son de la flûte qui a été rendue à Tamino par les trois enfants apparus « dans une machine volante couverte de roses». Cela symbolise l’épreuve de l’air passée par Tamino et que Pamina y est associée par les roses.
Acte 2 Scène 16
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Les 3 enfants paraissent dans une machine volante couverte de roses. Au centre se trouve une table bien mise. L’un d’eux a la flûte, l’autre la petite boîte contenant les clochettes avec Tamino et Papageno
Les 3 enfants :
Soyez une nouvelle fois les bienvenus, amis, dans le royaume de Sarastro. Il vous rend ce qu’on vous avait pris, la flûte et les clochettes aussi. Si vous ne dédaignez pas ces mets, buvez et mangez-en allègrement. Quand nous vous reverrons pour la 3ème fois, la joie récompensera votre courage ! Tamino, aie courage ! le but est proche. Toi, Papageno, garde le silence !
(Durant le trio, les enfants placent la table au centre, puis ils disparaissent vers le haut)
Et l'épreuve se poursuit car Tamino, même en présence de Sarastro doit encore ignorer Pamina une seconde fois avant gagner le lieu de ses 2 dernières épreuves.
Il reste encore maintenant au candidat, à parvenir au renouvellement du centre de sa volonté.
Mais maintenant, le récipiendaire possède la conscience de l'âme. C'est la raison pour laquelle nous voyons Pamina rejoindre Tamino et c'est ensemble qu'ils vivront les 3ème et 4ème épreuves.
Les trois enfants auront persuadé Pamina qu'elle est aimée et ils vont la mener vers Tamino.
Une aide supplémentaire apparaît sous l'aspect de deux hommes revêtus d'une armure noire qui vont servir de guide. Ceci semble indiquer que maintenant, le candidat qui va courir de grands dangers sera protégé par la double armure de sa foi et de sa détermination nouvelle. Les deux hommes lisent une inscription gravée sur une plaque, et qui reproduit celle gravée sur le tombeau d'Hiram Abiff, le maître constructeur du Temple de Salomon. Autrement dit, ayant laissé pénétrer en lui la Lumière divine, il pourra se consacrer entièrement à sa tache de transfiguration du corps, de l'âme et de l'Esprit.
Acte 2 Scène 28
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Le décor représente 2 grandes montagnes ; à l’intérieur de l’une d’elles, une cascade que l’on entend gronder ; l’autre montagne crache du feu ; devant chaque montagne, une grille à travers laquelle on voit le feu et l’eau ; du côté du feu, l’horizon doit être rouge vif et du côté de l’eau règne un brouillard épais. Les praticables représentent des rochers, fermés chacun par une porte de fer. Tamino est légèrement vêtu, il ne porte pas de sandales. 2 hommes revêtus d’une armure noire introduisent Tamino. Sur leur casque, des gerbes de flammes ; ils lui lisent l’inscription lumineuse que porte une pyramide située au centre du fond, près des grilles. Ensuite, Pamina.
Les hommes revêtus d’une armure :
Celui qui suit ce chemin plein d’embûches, sera purifié par l’eau, le feu, l’air et la terre ; s’il peut vaincre la peur et la mort, il s’élancera de la terre vers les cieux. L’esprit éclairé, il pourra alors se vouer entièrement aux mystères d’Isis.
C'est la victoire sur le serpent, le gardien du seuil.
Pamina, l'âme nouvelle, guidera les pas de Tamino.
Acte 2 Scène 28
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Pamina :
En tout lieux, je resterai à tes côtés. C'est moi qui te conduis, l'amour me guidera ! Il parsèmera notre chemin de roses,...
Pamina accompagnera Tamino dans la traversée de la cascade de la montagne embrasée par les flammes. Cela symbolise les épreuves de l’eau et du feu. Cet ultime voyage initiatique doit absolument être débarrassé de tout son passé et purifié.
Acte 2 Scène 28 et Acte 2 Scène 28
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Les hommes revêtus d’une armure :
Vous marchez, par la magie de la musique sans peur, à travers les ténèbres de la mort !
(Les portes se referment derrière eux ; on voit s’avancer Tamino et Pamina ; on entend le crépitement du feu et le hurlement du vent, parfois aussi le bruit sourd du tonnerre et le bruissement de l’eau. Tamino joue de la flûte. Dès qu’ils sortent du feu, ils s’étreignent et demeurent au milieu de la scène)
Tamino et Pamina :
Nous sommes passés à travers les flammes, avons courageusement affronté le danger. Puisse son chant nous préserver des flots, comme il nous a gardé des flammes.
(Tamino joue de la flûte ; on le voit descendre et remonter quelques instants plus tard ; aussitôt une porte s’ouvre ; on aperçoit l’entrée d’un temple qui est brillamment éclairé. Silence solennel. Cette vision doit être d’une lumière intense. Aussitôt le chœur se met à chanter, accompagné par les timbales et les trompettes. Mais auparavant, Tamino et Pamina.)
O dieux ! Quel instant suprême ! Le bonheur d’Isis nous est donné.
Après les 2 épreuves, on peut voir aussi une lumière intense qui inonde Tamino et Pamina symbolisant le moment de l’initiation où le récipiendaire reçoit la Lumière lorsqu’on lui ôte son bandeau. On comprend mieux alors maintenant pourquoi c'est au son de la flûte magique, l'instrument de l'Esprit-Saint sur le chemin, que le couple spirituel Tamino-Pamina, va pénétrer d'abord dans la réalité de sa psyché. Dans le même temps, Papageno aura enfin trouvé la paix, et sa Papagena.
Acte 2 Scène 29
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Papageno, puis les 3 enfants ; enfin Papagena
Les 3 enfants :
Et maintenant, Papageno, regarde !
(Ils disparaissent. Papageno se retourne : Papageno et Papagena ont tous deux un jeu comique durant ce passage)
Papageno :
Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Pagena !
Papagena :
Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Pageno !
Papageno :
Es-tu à présent toute à moi ?
Papagena :
A présent, je suis toute à toi !
Papageno :
Alors sois ma chère petite femme !
Papagena :
Alors, sois mon tendre tourtereau !
Tous les deux :
Quelle joie ce sera si les dieux ne nous oublient pas, et offrent des enfants à notre amour, de si gentils petits enfants !
Papageno :
D’abord un petit Papageno !
Papagena :
Puis une petite Papagena !
Papageno :
Puis un autre Papageno !
Papagena :
Puis une autre Papagena !
Tous les deux :
Papagena ! Papageno ! Papagena ! C’est une joie profonde quand beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de Papageno, de Papagena, font le bonheur des parents.
(Ils sortent tous les 2).
Les forces du monde naturel se seront effacées devant la puissance du monde de l'Esprit. Le couple Tamino-Pamina permettra de passer du chiffre 2 symbolisant les opposés au nombre 3 symbolisant l’union des contraires et l’équilibre.
Une dernière apparition de Monostatos avec ses sbires, guidant la Reine de la Nuit et ses trois Dames vers le Temple, nous indique que jusqu'à la fin du processus de libération, la nature essaye de s'y opposer en s'appuyant sur le gardien du seuil
Mais ils disparaissent tous !
Acte 2 Scène 30
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Monostatos, la reine et les 3 dames sortent des 2 trappes ; ils tiennent à la main des torches noires
Monostatos, la reine et les 3 dames :
Notre pouvoir est écrasé, anéanti, nous sommes plongés dans la nuit éternelle.
(Ils disparaissent)
L'opéra se termine sur un final des prêtres et la victoire des Noces Alchimiques à la Gloire d’Isis et d’Osiris, à mi-chemin entre une reconnaissance conjugale maçonnique et le moment où le Vénérable-Maître crée, constitue et reçoit chaque apprenti franc-maçon ce qui lui permet de se faire reconnaître comme tel par ses Frères.
Acte 2 Scène 30
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Aussitôt le décor entier représente un temple du Soleil. Sarastro domine l’assemblée ; Tamino et Pamina, tous les 2 vêtus de vêtements sacerdotaux. Les prêtres égyptiens de chaque côté. Les 3 enfants tiennent des fleurs.
Sarastro :
Les rayons du soleil évincent la nuit, ruinent le pouvoir mensonger des imposteurs.
Chœur des prêtres :
Gloire à vous, initiés ! Vous avez traversé les ténèbres. Nous vous rendons grâces Isis et Osiris ! La force a triomphé et couronne en récompense la beauté et la sagesse pour l’éternité.
FINAL
Commentaires de Laurent Remise sur "La Flûte Enchantée"
Le symbolisme de la Flûte Enchantée vu par un ami
La Flûte enchantée ; une initiation maçonnique (vu par un autre ami)
Une interprétation atypique de la Flûte vue par une amie
Conférence sur le symbolisme du personnage de Papageno
Les vidéo ayant servi pour illustrer mes propos sont issu du merveilleux DVD dirigé par Sawallisch avec K Moll en Sarastro, E Gruberova en Reine de la Nuit, L Popp en Pamina, F Araiza en Tamino et W Brendel en Papageno.



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